edito

Déconfinement: pas de logistique, pas de confiance

Journaliste

Le déconfinement est annoncé mais la fourniture de masques, le dépistage et le tracing sont encore incertains.

Des dates clés avec des mesures différenciées entre chacune d’elles, voilà qui doit donner un cap et des perspectives. A la population comme aux milliers d’entreprises qui font face à une crise économique majeure. Telle est la vertu des annonces du Conseil national de sécurité de vendredi. Déconfinement à partir du 4 mai, réouverture des commerces le 11, des écoles le 18. Et un horizon en juin pour le secteur Horeca.

Les contours d’une stratégie, c’est ce qu’on attendait de cette nouvelle réunion de crise, même si on peut regretter les nombreuses zones de flou qui demeurent entre ces quatre dates et, surtout, une communication chaotique qui a miné la clarté du message au sein de la population. Mais le principal danger qui guette ce dispositif est ailleurs. Il faut encore le trouver dans les difficultés éprouvées par notre pays pour que suive la logistique.

La Belgique semble toujours payer son retard à l’allumage et cette incapacité initiale à se fournir en matériel de base pour combattre une épidémie d’une telle gravité.

Le plan de déconfinement décrit par Sophie Wilmès dépend de l’évolution de la contamination, mais aussi de la mise à disposition généralisée de masques de protection efficaces, de la mise en œuvre d’un testing à grande échelle, et, éventuellement, du développement d’un tracing, via smartphone, des individus qui sont entrés en contact avec des personnes infectées. Or sur ces trois fronts, le monde politique ne rassure pas. Le ministre Koen Geens (CD&V) a jeté un doute sur la capacité du Fédéral à distribuer des filtres pour masque en suffisance pour le 4 mai. C’est que ce sera progressif, corrige-t-on du côté du 16 pendant que la Wallonie annonce sa propre distribution à chaque habitant.

Voici des semaines que la Belgique ne parvient pas à réaliser les 10.000 tests quotidiens annoncés par le gouvernement de longue date alors qu’il en faudra 25.000 à 45.000 dans un proche avenir. On n'y voit pas beaucoup plus clair quant aux options du tracing qui pose de délicates questions éthiques. Plus d’un mois et demi après le début de cette crise sanitaire, la Belgique semble toujours payer son retard à l’allumage et cette incapacité initiale à se fournir en matériel de base pour combattre une épidémie d’une telle gravité.

Si cette incurie persiste, elle fragilisera davantage la confiance des citoyens. Celle-ci s'effrite déjà alors qu’elle doit être, elle aussi, un pilier d’un déconfinement efficace.

Lire également