Publicité

Un épais brouillard plane sur la fin de l'année dans les écoles

À l'heure actuelle, les enseignants en FWB peuvent donner des devoirs à leurs élèves à condition qu'ils n'abordent pas de nouvelles matières. En Flandre, de nouveaux apprentissages peuvent être abordés. ©Armin Weigel/dpa

Une reprise des cours dans les écoles interviendra-t-elle avant la fin de l'année scolaire? Cette question reste entière. Les acteurs de l'enseignement examinent tous les scénarios possibles.

L'incertitude règne toujours quant à la reprise des cours dans les établissements scolaires du pays. Lundi 20 avril, jour de rentrée théorique après les vacances de Pâques, les enfants et les adolescents étaient en tout cas toujours bien chez eux. Pour combien de temps encore? Personne n'est pour l'heure en mesure de répondre à cette question. Seule certitude: les classes resteront désertes au moins jusqu'au 3 mai.

"C'est illusoire de penser que l'on pourra recommencer avec toutes les années primaires et secondaires."
Pierre-Yves Jeholet
Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Une réunion du Conseil national de sécurité (CNS), programmée vendredi, devrait permettre d'y voir un peu plus clair. Lors de celle-ci, les représentants du Fédéral et des entités fédérées pourraient décider des modalités d'un déconfinement graduel. Dans ce cas, il n'est pas exclu que les cours puissent reprendre dans les écoles, même si cette éventualité est loin de faire l'unanimité. La semaine dernière, les enseignants, mais aussi les parents d'élèves, n'ont pas caché leurs craintes en matière de sécurité sanitaire.

Consciente de ces inquiétudes, la ministre francophone de l'Éducation Caroline Désir (PS) a été claire: "Pas question de jeter les élèves ou les travailleurs en pâture". Lundi, les acteurs de l'enseignement se sont une nouvelle fois retrouvés pour envisager différents scénarios. Cette rencontre leur a notamment permis de faire part de leurs préoccupations à des experts du groupe fédéral en charge de la stratégie de déconfinement (GEES).

Retour progressif

Si reprise il y a avant la fin juin, celle-ci sera en tout cas progressive. "C'est illusoire de penser que l'on pourra recommencer avec toutes les années primaires et secondaires", a insisté ce week-end le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), Pierre-Yves Jeholet (MR). 

La distanciation sociale étant complexe à maintenir dans les établissements scolaires, une multitude de questions sur le plan de la sécurité restent ouvertes. Diviser les classes en petits groupes, ne faire reprendre que certaines années, faire porter des masques à l'ensemble des élèves... Toutes les options sont examinées. Dans l'attente de réponses du "GEES" quant aux conditions techniques pour une réouverture des écoles, les acteurs de l'enseignement n'ont pris aucune décision. Une nouvelle concertation sera organisée mercredi, a-t-on appris.

Au vu des contraintes qu'impliquera quoiqu'il arrive une reprise, certains se demandent si un retour en classe cette année aurait véritablement un intérêt. Pour la ministre Désir, cela ne fait pas de doute: "La santé est prioritaire, mais si c'est possible, cela a du sens même pour deux ou trois semaines. Sinon, entre le 12 mars et la rentrée de septembre, cela ferait six mois sans contact entre les élèves et l'école. C'est très long."

Sur le banc syndical, une reprise en septembre, bien que ce ne soit pas le scénario privilégié, n'est pas taboue. À la CSC-Enseignement, le secrétaire général Roland Lahaye l'assure: il n'est pas question de céder à des pressions du monde économique pour reprendre rapidement. "Plus que le quand, ce qui nous importe, c'est le comment, à savoir la méthodologie qui sera adoptée, précise-t-il. La santé des élèves et des enseignants reste la priorité des priorités".

Un rapport élaboré par 123 chercheurs défend, pour sa part, clairement l'option d'une fin d'année scolaire anticipée. Pour ces universitaires, les écoles doivent rester fermées jusqu'au 30 juin.

Une rentrée seulement pour certains?

Bien que certaines voix s'élèvent pour réclamer une reprise en septembre, les acteurs de l'enseignement n'ont pas encore abandonné l'espoir de reprendre des cours cette année. L'identification de publics prioritaires pour un retour à l'école en cas de sortie du confinement suit d'ailleurs son chemin. "Lesquels devront rentrer en premier: les écoles primaires? Les élèves les plus exposés à la fracture numérique? Ceux qui sont dans une année diplômante? Il y a beaucoup d'hypothèses sur la table, mais pas encore de consensus", nous explique-t-on.

Les enseignants peuvent donner des travaux à domicile à leurs élèves, à condition de ne pas aborder de nouveaux apprentissages.

Faute de reprise rapide, des questions se poseront aussi quant à l'organisation de l'enseignement à distance. Alors que la Flandre a décidé d'aborder de nouvelles matières qui seront ensuite revues en classe (préteaching), la FWB s'en tient pour l'heure aux règles établies à la mi-mars. En résumé: les enseignants peuvent donner des travaux à domicile, à condition de ne pas aborder de nouveaux apprentissages. La perspective d'un déconfinement graduel, concernant uniquement certaines catégories d'élèves, pourrait toutefois accélérer la réflexion sur le sujet côté francophone.

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

 

 

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité