Demande record pour l'obligation "corona" de l'État belge

L'Agence de la dette a levé 8 milliards d'euros en émettant des obligations belges à sept ans à destination des investisseurs. ©RV DOC

Pour faire face à la hausse des dépenses publiques en réponse à la crise, l'État belge augmente ses emprunts sur le marché des obligations. Les investisseurs répondent présents.

La Belgique n'a jamais attiré autant d'investisseurs. Lors de l'émission d'obligations linéaires (OLO) de mardi, la demande des prêteurs a atteint un record historique, a annoncé l'Agence fédérale de la dette ce mercredi dans un communiqué.

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Les OLO arrivant à échéance en 2027 ont été émises par l'État belge à un taux d'intérêt de -0,013%.

"Avec un 'orderbook' (carnet d'ordres, NDLR, soit la liste des montants proposés par les investisseurs avant l'emprunt proprement dit) de plus de 55 milliards d'euros, la transaction de cette OLO marque le record du plus grand carnet d'ordres pour les OLO jamais obtenus par le Royaume de Belgique", indique l'Agence.

Le Trésor proposait une OLO arrivant à échéance en octobre 2027. Fort de l'intérêt élevé des investisseurs, l'État belge a finalement pu emprunter pas moins de 8 milliards d'euros lors de cette opération, ce qui constitue, ici aussi, un plus haut historique. Ce montant est destiné à financer les dépenses budgétaires liées à la crise économique due à la pandémie de coronavirus.

Taux négatif

Sans cette nouvelle OLO, nous nous serions exposés au risque d'une éventuelle dégradation de la situation des marchés à l'avenir.
Jean Deboutte
Directeur à l'Agence fédérale de la dette

Cette obligation "corona" constitue donc "l'emprunt le plus élevé jamais réalisé, à l'exception peut-être, dans les années 1990, des 'emprunts Philippe' (du nom du ministre des Finances de l'époque, Philippe Maystadt, NDLR) qui avaient rapporté quelque 360 milliards de francs belges en tout", précise Jean Deboutte, directeur à l'Agence de la dette. Mais ces emprunts Philippe étaient destinés aux particuliers, alors que les OLO ciblent les investisseurs institutionnels, comme les banques, assureurs et fonds de placement.

M. Deboutte attribue le succès de cette émission au taux d'intérêt fixé à -0,013% qui, même s'il est négatif, est supérieur au taux de référence du marché, ce qui attire les banques qui ont besoin de taux moins bas que la moyenne pour leurs opérations.

"Très confortable"

Cet emprunt donne à l'État belge "une position de caisse très confortable pour les semaines qui viennent", se réjouit Jean Deboutte. "Sans cette nouvelle OLO, nous nous serions exposés au risque d'une éventuelle dégradation de la situation des marchés à l'avenir en devant solliciter les investisseurs plus tard, vers la fin avril ou en mai. Avec les précédents emprunts, nous avions pris de l'avance sur le plan de financement mais selon certains scénarios, nous risquions de nous retrouver à la traîne. Reprendre un peu d'avance est une bonne chose."

Le directeur de l'Agence de la dette juge que grâce à cette opération, le financement de la dette est "en bonne voie". Un plan de financement actualisé sera publié dès que le gouvernement aura chiffré ses nouveaux besoins financiers.

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