Des aménagements temporaires pour animer Bruxelles cet été

Durant le confinement, des voiries ont été réservées aux piétons et cyclistes. Pour l'été, le gouvernement bruxellois voudrait permettra la tenue d'événements dans tous les quartiers grâce à l'adaptation temporaire de l'espace public. ©Kristof Vadino

Le gouvernement régional vient d'adopter un plan baptisé "Bruxelles en vacances". Des espaces extérieurs inoccupés seront mobilisés aux quatre coins de la région afin d'accueillir des activités sportives et culturelles.

Les mesures de confinement ont mis en évidence le besoin des citoyens de disposer d'espaces publics à proximité de leur domicile. En effet, seuls certains logements sont dotés d'un balcon ou d'un jardin et les quartiers bruxellois les plus densément peuplés n'offrent pas toujours un espace public de qualité permettant de compenser cette lacune.

Pour des raisons de distanciation sociale, les espaces dédiés aux piétons et aux cyclistes ne s'avèrent plus toujours suffisants tandis que les commerces et l'horeca seront également demandeurs d'espaces extérieurs pour étendre leur terrasse ou mettre en place des zones d'attente. "Même si les frontières sont rouvertes, une partie de la population ne voyagera pas, notamment pour des raisons financières. Pour tous ceux qui vont rester à Bruxelles, il sera important de dégager de l'espace public pour organiser des activités", déclare Pascal Smet (one.brussels), secrétaire d'État en charge de l'urbanisme.

C'est dans cette optique que l'équipe de Rudi Vervoort (PS) vient d'adopter le plan dénommé "Bruxelles en vacances". Les rassemblements de masse restant interdits, l'objectif de ce plan est de permettre, dans tous les quartiers et de façon décentralisée, la tenue d'activités de divertissement de plus petite taille. Grâce à l'utilisation temporaire de l'espace public, l'offre récréative, culturelle, événementielle, commerciale, horeca et sportive sera élargie pour tous les Bruxellois. "C'est aussi l'occasion de redonner du travail au secteur culturel en subsidiant des performances dans l'espace public", fait valoir Pascal Smet.

"Je propose de soutenir financièrement les autorités locales qui souhaiteraient étendre ou aménager des espaces publics/verts temporaires disponibles durant la période estivale."
Alain Maron
Ministre bruxellois de l'Environnement

Les communes sont invitées à s'inscrire dans cette dynamique visant à faire vivre les quartiers durant l'été, en développant des initiatives à plus petite échelle, sur leurs voiries notamment. "Dans ces circonstances exceptionnelles, je propose de soutenir financièrement les autorités locales qui souhaiteraient étendre ou aménager des espaces publics/verts temporaires disponibles durant la période estivale", annonce le ministre bruxellois de l'Environnement Alain Maron (Ecolo).

Inventorisation des espaces

Plus concrètement, c'est Perspective.Brussels qui assurera l'inventorisation des espaces extérieurs inoccupés (parkings, friches...) pouvant potentiellement être mobilisés afin d’accueillir des activités. À ce stade, une quinzaine de grands espaces publics ont d'ores et déjà été été repérés et une analyse des espaces extérieurs semi-publics ou privés mutualisables comme, par exemple, les cours de récréation pourrait être effectuée.

Le volet communication sera pris en charge par Visit.Brussels. Ce qui permettra d'avoir une vue d'ensemble sur tous les événements organisés durant l'été, qu'ils émanent du public ou du privé. Chaque porteur de projet pourra faire la promotion de son initiative, mais l'office régional du tourisme jouera un rôle de centralisation et d'amplification.

"Aujourd'hui, il faut un permis pour planter un arbre ou mettre une pelouse. On voudrait changer cela en élargissant les dispenses de permis."
Pascal Smet
Secrétaire d'État bruxellois à l'urbanisme

Le gouvernement bruxellois ne s'en cache pas, les interventions provisoires qui portent leurs fruits pourront potentiellement être pérennisées pour peu qu'elles soient adaptées de manière durable, lisible et cohérente. Dans cette vision de la ville post-covid, la déminéralisation et la végétalisation devront revêtir un rôle central, lit-on dans la note de Rudi Vervoort. Dans ce contexte, il est d'ailleurs question d'élargir les dispenses de permis d'urbanisme aux projets ayant un impact sur la mobilité durable, la sécurité routière et déminéralisation des lieux. "Aujourd'hui, il faut un permis pour planter un arbre ou mettre une pelouse. On voudrait changer cela", annonce Pascal Smet.

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