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Des millions de masques bientôt disponibles dans les commerces

Les masques, obligatoires notamment dans les transports, seront désormais disponibles dans les commerces. ©BELGA

L'arrêté ministériel élargissant la vente de masques chirurgicaux à tous les commerces a été publié ce lundi. Mais les commerces ne devraient les écouler qu'à partir de ce mardi au plus tôt, voire lundi prochain dans les cas de Colruyt, Aldi et Lidl.

Depuis lundi, la vente de masques chirurgicaux n'est plus l'apanage des officines agréées. L'arrêté ministériel abrogeant cette disposition et élargissant de facto la vente de masques à tous les commerces a été publié. Ces masques peuvent donc être écoulés en magasin. A terme, ils seront disponibles dans tous les supermarchés et supérettes du pays, mais aussi dans des commerces tels que les Press-Shop ou les parapharmacies.

Visiblement, les grandes enseignes n'avaient pas prévu une publication de l'arrêté dès ce lundi. La commercialisation des masques dans les magasins ne commencera donc au plus tôt que mardi. Trois enseignes - Colruyt, Aldi et Lidl - attendront même la deuxième phase du déconfinement, avec l'ouverture des enseignes non alimentaires le lundi 11 mai, pour proposer des masques dans leurs rayons. Un décalage lié, chez Colruyt, à un choix de priorité, et non à des problèmes de livraison.

Stocks renouvelés

"Nous voulons privilégier la santé du personnel de santé et de nos collaborateurs. Mais nous sommes prêts. Nous avons passé des commandes dès le début de la crise via nos fournisseurs habituels et nous disposerons des stocks nécessaires", explique Nathalie Roisin, porte-parole de Colruyt.

"Nous avons préféré être sûrs d'avoir l'autorisation de vente avant de contacter un fournisseur. Le 11 mai était le meilleur délai qu'il pouvait nous donner."
Julien Wathieu
Porte-parole de Lidl

Chez Lidl, le décalage d'une semaine s'explique par l'incertitude sur la date d'autorisation de vente. "Nous avons préféré être sûrs d'avoir l'autorisation de vente avant de contacter un fournisseur. Le 11 mai était le meilleur délai qu'il pouvait nous donner", dit Julien Wathieu, porte-parole.

Les autres enseignes proposeront les masques en rayon à partir de ce mardi. C'est le cas, notamment, de Delhaize et Carrefour qui, sans citer de chiffres, laissent entendre que ces dispositifs de protection seront disponibles par millions et que les stocks seront renouvelés régulièrement dans les mois à venir. Delhaize prévoit également la commercialisation de masques réutilisables à partir de la semaine prochaine.

400.000
masques
Mestdagh disposera dès cette semaine d'un stock de 200.000 masques - à usage unique et réutilisables - et se dit déjà en mesure de proposer 400.000 pièces dans les prochaines semaines.

Même Mestdagh, moins présent sur le marché avec ses 83 magasins, disposera dès cette semaine d'un stock de 200.000 masques - à usage unique et réutilisables - et se dit déjà en mesure de proposer 400.000 pièces dans les prochaines semaines.

Pharmaciens inquiets

Cet élargissement de l'autorisation de vente suscite des aigreurs d'estomac du côté des pharmacies, où l'on craint que les masques chirurgicaux deviennent "le nouveau papier toilette", autrement dit la cible d'achats compulsifs. Pour l'Association pharmaceutique belge (APB), ces protections doivent être accordées de manière ciblée aux personnes qui en ont réellement besoin. Mais les commerçants ont décidé de faire cavalier seul, affirme l'APB, qui accuse Comeos d'avoir brandi la menace "de vendre des dizaines de millions de masques à l'étranger au lieu de les vendre aux autorités belges, et ce tant qu'un arrêté ministériel limiterait le canal de distribution de ces masques aux seules pharmacies".

0,63
euro
Le prix d'un masque sera inférieur à 1 euro l'unité. Chez Delhaize par exemple, une boîte de 50 masques coûtera 31,49 euros, soit 0,63 euro pièce.

La fédération de la distribution dénie tout esprit mercantile. La vente en magasin de masques chirurgicaux s’inscrit dans le cadre d’une opération non commerciale, assure Comeos. Autrement dit, la vente doit se faire au prix coûtant (prix d'achat + la TVA de 6% et les coûts liés à la logistique), avec un petit supplément (2 centimes d'euro l'unité en général) qui sera reversé à une œuvre caritative.

 

Le prix n'est pas encore définitivement fixé partout, mais il sera en tout cas inférieur à 1 euro l'unité. Chez Delhaize par exemple, une boîte de 50 masques coûtera 31,49 euros, soit 0,63 euro pièce.

Aucune promotion ne sera lancée, pour éviter un afflux de clientèle, et la vente des masques sera limitée pour éviter un rush. En règle générale, les enseignes limiteront les ventes à un paquet (généralement de 10 ou 20 pièces, sauf chez Delhaize et dans les hypermarchés Carrefour, où ils seront vendus par conditionnements de 50). Seul Lidl, qui vendra ses masques par paquets de 5 unités, ne contingentera pas ses ventes. "Nous attendons des directives des autorités", dit son porte-parole.

Les commerçants s'engagent enfin à vendre chaque semaine des masques au gouvernement, qui pourra ainsi sécuriser son stock stratégique.

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