Des PME wallonnes se mobilisent pour produire des appareils respiratoires

Les entreprises wallonnes se mobilisent contre l’éventuelle pénurie d’appareils respiratoires et autres produits vitaux dans les hôpitaux suite à la rupture de nombreuses chaînes de production. ©AFP

L'entreprise Coexpair lance avec d'autres sociétés un projet pour produire des appareils respiratoires dans un temps record. Un élan de mobilisation parmi d'autres que veut fédérer l'UWE.

Les entreprises wallonnes se mobilisent contre l’éventuelle pénurie d’appareils respiratoires et autres produits vitaux dans les hôpitaux suite à la rupture de nombreuses chaînes de production. Il s'agit d'un branle-bas de combat inédit. La distillerie de Biercée va par exemple donner ses réserves d’alcool pur pour fournir le monde médical en alcool désinfectant. La PME namuroise Coexpair veut de son côté arriver à créer une chaîne de production d’appareils respiratoires dans un temps record.

Course contre la montre

Spécialisée dans la production de pièces pour le monde aéronautique dans des temps records, Coexpair vient réorienter sa chaîne de production à destination des hôpitaux. "Nous devons tous nous mobiliser pour aider les hôpitaux et sauver des vies", insiste son patron André Bertin. "Jeudi soir, je me suis rendu à l’hôpital du MontLégia à Liège pour me rendre compte du problème lié aux appareils respiratoires. Ce dont ils ont besoin, ce sont des pièces de rechange comme des tuyaux, des raccords. Il faut se rendre compte que toute la chaîne de production est écrasée pour fabriquer ces pièces. Les pièces qui restent dans les stocks sont aspirées. Il n’y aura rapidement plus de stock si les pièces lâchent".

"Il faut se rendre compte que toute la chaîne de production d'appareils respiratoires est écrasée pour fabriquer ces pièces. Les pièces qui restent dans les stocks sont aspirées. Il n’y aura rapidement plus de stock si les pièces lâchent."
André Bertin
Administrateur délégué de Coexpair

La suite s’apparente à une course contre la montre. "Nous venons de mettre en place une structure propre. Le protocole de travail s’inspire de ce qu’avait fait la Nasa pour aller rapidement sur la Lune, 7 managers travaillent sur le projet. Il y a par exemple un spécialiste dans la production, un autre dans la fabrication."

Pour arriver à fabriquer toutes ces pièces, voire des machines entières, André Bertin a embarqué d’autres sociétés dans cette aventure. "On va se fédérer et travailler avec de petites sociétés très réactives. Lundi, nous serons 49 personnes sur le projet et l’idée est de multiplier par 7 les équipes tous les 3 jours. Il faut aller plus vite que l’épidémie et on espère que les grands groupes pourront copier à plus grande échelle ce qu’on fait."

La société Any-Shape, spécialisée dans l’impression 3D industrielle, l’aéronautique et le spatial, a de son côté décidé de mettre ses capacités de production à disposition pour réaliser des masques par impression 3D.

Une plate-forme d'échanges

"Nous recevons énormément de demandes d’entreprises qui veulent faire quelque chose pour aider les hôpitaux ou les entreprises en difficultés."
Olivier De Wasseige
Administrateur délégué de l'UWE

Face aux propositions qui affluent, l’Union wallonne des entreprises (UWE) vient de lancer une plate-forme (www.uwe.be/solidarite-uwe) pour rassembler les initiatives. "Nous recevons énormément de demandes d’entreprises qui veulent faire quelque chose pour aider les hôpitaux ou les entreprises en difficultés. Il y a l’exemple de Coexpair mais d’autres entreprises proposent d’engager du personnel mis en chômage temporaire", explique Olivier De Wasseige, l’administrateur délégué de l’UWE. C'est le cas du géant alimentaire Materne qui connaît une importante carence de personnel suite à des maladies. Il cherche des caristes, mais aussi de personnel d’accueil, du personnel de cuisine, des managers d’équipe, des opérateurs pour poursuivre la production.

Aguide-Training, société spécialisée dans le coaching d’entreprises dans le management de la qualité et de la sécurité, propose pour sa part de vérifier gratuitement avec les entreprises impactées leur exposition aux risques afin de valider qu’ils ont tout prévu en cas d’augmentation du confinement et éviter ainsi une aggravation de leur situation au niveau de la gestion financière clients-fournisseurs, par exemple.

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