Des suppléments Covid-19 facturés aux patients chez les dentistes

Certains dentistes réclament des suppléments à leurs patients depuis la reprise des consultations non urgentes. ©AFP

Certains dentistes facturent un supplément Covid-19 à leurs patients. Les "praticiens sont un peu acculés", assure la Société de médecine dentaire, qui réclame une action des autorités.

Depuis lundi, des patients sont de retour pour des interventions non urgentes dans les cabinets dentaires. Au moment de passer à la caisse, certains ont toutefois une mauvaise surprise: un supplément Covid-19 entre 20 et 50 euros pour compenser le coût des mesures d'hygiène et de protection. Une pratique "inacceptable", estime la mutualité Solidaris.

Matériel coûteux

C'est indéniable: les contingences propres à l'activité des dentistes nécessitent de prendre un grand nombre de précautions face au virus. La distanciation sociale entre le praticien et son patient étant impossible à garantir, un équipement de protection est constamment requis. "Masques FFP2, charlottes et blouses" doivent faire partie de l'attirail de tout dentiste qui se respecte, nous explique Michel Devriese de la Société de médecine dentaire (SMD).

"Nous avons encore énormément de difficultés pour trouver des masques conformes et à des prix décents."
Michel Devriese
Porte-parole de la Société de médecine dentaire

Si ce matériel a été fourni par les autorités aux professionnels qui sont restés actifs pour les prestations d'urgence, il n'est pas certain qu'il en sera de même maintenant que l'activité est en train de reprendre. "Or, nous avons encore énormément de difficultés pour trouver des masques conformes et à des prix décents", souligne Devriese. À l'en croire, les FFP2 se négocient parfois aux alentours de 12 euros l'unité, un "prix fou", d'autant que les dentistes ne peuvent pas "décemment conserver un tel masque plus d'une demi-journée".

Appel aux autorités

Ces messages, la société de médecine dentaire les a portés aux autorités. Elle leur demande soit de fournir le matériel indispensable aux praticiens, soit d'être claires en leur disant de se débrouiller seuls. "Dans ce second cas, la question de la répercussion des coûts sur les patients se posera évidemment. Si les autorités n'en veulent pas, il faut alors une prise en charge par l'assurance maladie et qu'un remboursement soit prévu", défend la SMD.

"On peut se montrer patients jusqu'à vendredi, mais s'il n'y a pas de solutions, ce sera forcément la jungle."
Michel Devriese

Du côté de Solidaris, on comprend la position défendue par la SMD, mais on insiste sur le fait qu'une solution ne devra pas être trouvée au détriment du patient. "Les effets directs et indirects de cette crise sur la sécurité tarifaire des personnes 'hors périmètre COVID' n’ont pas été suffisamment pris en considération", assène son secrétaire général Jean-Pascal Labille.

Contacté par nos soins, le cabinet de la ministre De Block reconnaît que des discussions sont en cours avec les dentistes, mais se refuse à d'autres commentaires. "On peut se montrer patients jusqu'à vendredi, mais s'il n'y a pas de solutions, ce sera forcément la jungle", conclut Michel Devriese.

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