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Des terrasses débordant sur la rue pour sauver l'horeca bruxellois

©Belga

Cette idée qui figure dans le plan de relance de l'échevin bruxellois du Commerce Fabian Maingain (DéFI) est bien accueillie pas la Fédération Horeca Bruxelles.

Alors que le Conseil national de sécurité détaillera ce mercredi les conditions qui doivent permettre la réouverture des commerces le 11 mai prochain, la Ville de Bruxelles planche sur un plan de redémarrage. Pour éviter les attroupements, la rue Neuve sera divisée en deux axes de circulation à l'aide d'un marquage au sol. Les petits commerçants bruxellois qui en font la demande via un formulaire recevront un "Restart Pack" composé d'un flacon de gel hydroalcoolique, d'une dizaine de masques de protection, d'affiches avec les consignes sanitaires ainsi que des stickers au sol afin de faciliter la distanciation sociale.

Même s'il faudra patienter au moins jusqu'au 8 juin pour profiter à nouveau des restaurants et des cafés, le plan de relance de la Ville prévoit déjà des mesures de soutien comme l'extension des terrasses durant l'été. "Nous étudions la possibilité d’étendre les terrasses pour permettre d’espacer les tables et d'établir la distance nécessaire. Cette extension se fera au cas par cas selon l’emplacement des terrasses. La zone de rencontre établie dans le pentagone, qui permet aux piétons de déborder sur la voirie, permettra de mettre en œuvre cette mesure de manière sécurisée", déclare Fabian Maingain (DéFI).

"Le secteur craint de ne pouvoir reprendre qu'avec une capacité réduite de moitié en raison des règles sanitaires, ce qui ne serait pas tenable financièrement pour eux. On veut leur donner un ballon d'oxygène."
Fabian Maingain
Échevin bruxellois du Commerce

Selon l'échevin du Commerce, la maximisation de l'espace pourrait notamment passer par la transformation d'emplacements de parking en terrasses provisoires. "Dans tous les cas, cela se fera toujours en collaboration avec l'horeca. Le secteur craint de ne pouvoir reprendre qu'avec une capacité réduite de moitié en raison des règles sanitaires, ce qui ne serait pas tenable financièrement pour eux. On veut leur donner un ballon d'oxygène."

Négociations commune par commune

Du côté de la Fédération Horeca Bruxelles, on confirme que les terrasses auront un rôle à jouer lors de la reprise. "Dans les restaurants, on ne pourra pas reprendre que le chef et le sous-chef. Il faut des plongeurs, des personnes pour le service en salle... On ne peut pas diviser l'équipe par deux. Mais si on divise le nombre de clients par deux, on perd beaucoup d'argent. Les restaurants qui disposent d'une terrasse équipée de chaufferettes auront un avantage", estime le président Philippe Trine.

Selon ce dernier, l'interdiction de se garer en rue pour étendre la terrasse de quelques mètres tout en laissant suffisamment d'espace pour le passage des piétons est une option intéressante. "Mais cela devra se négocier commune par commune, bourgmestre par bourgmestre. Il faudra sortir dehors du mobilier intérieur ou investir dans des tables d'extérieur, ce qui sera difficile pour certains exploitants déjà exsangues."

Et dans tous les cas, la reprise se fera sous des conditions strictes. "Plus question d'aller au comptoir pour commander, d'attendre au bar. Il faudra systématiquement réserver les tables. Il y aura un horeca d'avant et un horeca d'après", souligne Philippe Trine.

Faire déborder les terrasses sur la rue pour relancer les restaurants et les cafés n'est pas une idée made in Brussels. En Lituanie, la capitale Vilnius a autorisé les bars et restaurants situés dans le centre historique à rouvrir le 27 avril leurs terrasses en bénéficiant gratuitement d’un espace accru dans les rues et sur les places.

Une idée qui fait son chemin en Région bruxelloise puisqu'on la retrouve également dans le plan de relance régional des libéraux. "On peut élargir les capacités des restaurants en facilitant l’installation d’une terrasse sur la voirie en l’aménageant de manière provisoire, mais aussi suspendre les règlements urbanistiques interdisant les aménagements disgracieux comme les tonnelles afin de pouvoir servir les gens même lorsqu’il pleut", avance la députée bruxelloise Clémentine Barzin (MR).

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