Des tests de salive à l'école? "C'est plus facile, mais moins performant"

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Certains experts plaident pour utiliser cette méthode du test salivaire dans le cadre de foyers locaux, notamment à l'école.

Le professeur de microbiologie de l'UAntwerp Herman Goossens a développé un protocole pour réaliser des tests salivaires chez les mineurs à partir de septembre, rapporte le quotidien De Morgen lundi. "Les études les plus récentes sur les tests de salive ont été réalisées avec des adultes. Cette méthode a à peine été étudiée chez les enfants et les adolescents", explique le spécialiste. Plusieurs experts plaident pour utiliser cette méthode dans le cadre de foyers locaux.

"Les écouvillons à enfoncer au fond du nez sont souvent désagréables pour les patients. Ici, c'est moins radical et ils peuvent le faire eux-mêmes"
Herman Goossens
Professeur de microbiologie

L'analyse de la salive présente de nombreux avantages pour Herman Goossens. En cas de foyer de coronavirus dans un cadre scolaire par exemple, il suffit de demander aux enfants et aux adolescents de cracher dans un pot. Les échantillons sont immédiatement envoyés à un laboratoire si bien qu'on peut savoir, dès le lendemain, s'ils sont infectés ou non.

"Les écouvillons à enfoncer au fond du nez sont souvent désagréables pour les patients. Ici, c'est moins radical et ils peuvent le faire eux-mêmes", défend le professeur. La méthode est aussi plus sûre: elle évite aux médecins ou infirmiers qui réalisent le test de s'approcher du patient.

Le virologue Marc Van Ranst trouve lui aussi la piste intéressante car elle offre un suivi rapide de l'épidémie. Il estime qu'elle pourrait être expérimentée à partir de septembre.

Ce test serait moins performant

Mais des recherches précédentes sur des adultes ont montré que le test de salive ne fonctionne pas bien chez les personnes qui ont une charge virale faible. La méthode serait donc surtout utile pour détecter les gens qui ne présentent pas de symptômes, mais dont la charge virale est moyenne ou élevée, idéalement par des campagnes systématiques.

"Ces tests sont plus facile à réaliser. Le seul petit problème, c'est qu'ils pourraient ne pas détecter le virus quand il n'est pas présent en grande quantité."
Frédérique Jacobs
Porte-parole interfédérale

Les capacités de dépistage à grande échelle sont malheureusement insuffisantes pour ce type de prévention, nuance pour sa part le virologue de Sciensano Steven Van Gucht. Il n'exclut pas pour autant ce type de tests "dans des circonstances très spécifiques".

"Ces tests sont plus facile à réaliser. Le seul petit problème, c'est qu'ils sont moins sensibles que les frottis naso-pharyngés, c'est-à-dire qu'ils pourraient ne pas détecter le virus quand il n'est pas présent en grande quantité. Si le virus est fortement présent, par contre, c'est aussi efficace qu'un frottis naso-pharyngé", a expliqué ce lundi Frédérique Jacobs, la porte-parole interfédérale du centre de crise, durant la conférence de presse des autorités sanitaires.

Un tel test pourrait dès lors être utilisé dans le cas de détections à plus large échelle, par exemple un screening dans une population à risque d'infections, avance la porte-parole. Dans ce cas, "on pourrait se contenter de faire des frottis salivaires ou des prélèvements de salive, lesquels vont permettre de détecter les personnes avec une charge virale élevée, et donc fortement contagieuses".

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