Désert économique en vue pour le secteur automobile

Le trafic automobile est, comme les ventes de voitures, à l'arrêt depuis le début du confinement. ©Photo News

Le marché de l'auto est au point mort en Belgique comme ailleurs en Europe. 1,1 million d'emplois directs sont "en pause". La crise va secouer le secteur et en premier lieu les fournisseurs des constructeurs automobiles.

Le secteur automobile, marqué par des coûts fixes importants, risque de fort souffrir du coronavirus. Ce n’est une surprise pour personne. L’Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) a mis ce mercredi des chiffres sur ce constat. L’ACEA estime que les fermetures d’usines actuelles dans son secteur concernent 1,1 million d’emplois directs en Europe. Ceci sans tenir compte de la chaîne des fournisseurs.

47,51%
.
Les ventes sont à l'arrêt depuis le 13 mars en Belgique. Les immatriculations sont en contraction de 47,5% en mars, pourtant un mois censé être le meilleur mois de l'année.

L’industrie automobile emploie directement 2,6 millions de personnes en Europe. Avec les emplois indirects, ce chiffre monte à 13,8 millions. L’ACEA a calculé que 14.600 emplois sont concernés en Belgique. En termes de production, la perte sera d’au moins 17.000 véhicules (Volvo Gand et Audi Brussels).

Pour les analystes de Roland Berger, c’est surtout la liquidité qui sera compliquée dans le secteur, mais ceci sera d’autant plus le cas pour les fournisseurs qui vont fortement souffrir d’une demande à l’arrêt des constructeurs automobiles. Ces derniers ont des réserves de cash plus importantes qui devraient leur permettre de faire le gros dos.

De nouveau, selon Roland Berger, ce sont les fournisseurs automobiles qui seront les plus impactés par une baisse de la demande de voitures.

Marché au point mort

En France, les immatriculations de mars sont en baisse de 72%. Les clients européens sont confinés dans de nombreux pays et dans toute une série de pays les achats non essentiels sont interdits. En Belgique, depuis le 13 mars, les garages sont à l’arrêt sauf pour les urgences. Si bien que l’activité est de fait au point mort. Les immatriculations de voitures neuves en mars sont donc en baisse de plus de 47% et celles du premier trimestre de 18,2% et ceci alors que mars est généralement le meilleur mois de l’année. Celui où les vendeurs de voitures récoltent les fruits de leurs lourds investissements au Salon de l’auto de janvier.

Alors que l’on se dirige vers un mois d’avril complètement à l’arrêt également, le secteur automobile va faire grise mine cette année. "Des mesures de soutien et de transition sont par ailleurs plus que nécessaires dans le secteur automobile. Notamment en raison du capital immobilisé croissant des stocks de véhicules vendus mais impossibles à livrer, et dans l’attente d’un redémarrage sûr des opérations dès que les conditions sanitaires le permettront ", insiste la Febiac dans son communiqué mensuel sur les immatriculations.

La fédération technologique Agoria a calculé que le chiffre d’affaires et l’emploi dans l’industrie manufacturière étaient tous les deux en baisse de 44% du 20 au 26 mars…

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

Lire également

Publicité
Publicité