Ecolo pour un fonds fédéral d'aide aux artistes

Le parti Ecolo, de Bénédicte Linard, la ministre francophone de la Culture, sollicite le fédéral pour aider les artistes. ©Tim Dirven

Certains artistes et autres travailleurs actifs dans l'événementiel n'ont pas droit au chômage et se tournent vers les CPAS. Les verts sollicitent le fédéral.

Le secteur culturel est entré dans une sombre période. L'annulation de tout événement plonge les artistes et travailleurs du spectacle dans l'expectative. Certains, bénéficiant du chômage temporaire ou du statut d'artiste, s'en sortent mieux que d'autres. Lucas Coune (25 ans) est ingénieur du son et travaillait au gré des appels de musiciens ou de sociétés spécalisées pour des missions limitées dans le temps. Ses mois étaient plutôt bien remplis, dit-il.

"Smart m'a signifié que mes CDD ne me donnaient pas droit au chômage temporaire."
Lucas Coune
Ingénieur du son

Suite aux mesures de confinement, il n'a pourtant eu d'autre choix que de se tourner vers son CPAS pour subvenir à ses besoins. Auparavant, il avait des contrats en bonne et due forme avec la coopérative Smart. "Celle-ci m'a signifié que mes CDD ne me donnaient pas droit au chômage temporaire", explique-t-il. Ses revenus étaient tombés à zéro. 

Laura est artiste numérique. Elle jouit du statut d'artiste et vivait aussi de collaborations free lance dans la 3D et la vidéo. Ses revenus se limitent aujourd'hui à son chômage d'artiste de quelque 1.300 euros. "Il me manque 400 euros pour payer loyer, factures et manger de manière correcte, dit-elle. L’incertitude est quelque chose avec laquelle j’ai appris à vivre, le secteur de la musique sera un des derniers à sortir de la crise et la vie des artistes ne mobilise pas autant que l'industrie aéronautique." 

Indemnité pour perte de revenu

Le gouvernement a déjà pris des mesures d'assouplissement des conditions de maintien du statut d'artiste, mais Ecolo veut aller plus loin et annonce le dépôt d'une proposition visant la création d'un fonds fédéral, notamment pour soutenir les artistes qui n'ont pas droit au chômage. Ce fonds, financé par une dotation de l'Etat, compétent pour le statut social des artistes, permettrait de payer un revenu de solidarité à ce public spécifique ainsi qu'une "indemnité compensatoire pour perte de revenu". Les Ecolos plaident aussi pour la suppression de l'interdiction du cumul entre droits d'auteurs et allocations de chômage.

L'Echo n'a pu joindre Nathalie Muyle (CD&V), ministre de l'Emploi, pour recueillir sa réaction. Mais certains grincent déjà des dents. "C'est typique d'Ecolo de vouloir faire payer le fédéral au lieu de prendre ses responsabilités", peste une source gouvernementale qui rappelle que la ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles est écologiste (Bénédicte Linard). L'annonce des Verts est jugée démagogique

Lucas espère quant à lui que la crise donnera lieu à un débat sur une réforme du statut d'artiste. Il déplore "l'invisibilité" de travailleurs dont l'activité vit simplement à des rythmes différents et ne permet pas, le plus souvent, de se lancer comme indépendant.

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