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Edouard Philippe confirme un déconfinement "progressif" dans une France coupée en deux

Édouard Philippe, le Premier ministre, et Olivier Veran, ministre de la Santé, ont détaillé les modalités du déconfinement en France à partir du 11 mai. ©AFP

Le pays va entamer la sortie de la crise sanitaire le 11 mai prochain. Quatre régions dites "rouges" vont néanmoins faire l'objet de restrictions plus importantes.

"La levée progressive peut être engagée". Depuis l'hôtel Matignon, flanqué de six ministres, Édouard Philippe a confirmé que la France entamerait bien son déconfinement dès lundi prochain. Néanmoins, tout le pays ne sera pas logé à la même enseigne. D'un côté, les départements "verts", où l'épidémie a pour l'heure été freinée, essentiellement à l'ouest et au sud, pourront envisager d'ici à 3 semaines, si leur situation le permet, "une nouvelle étape de déconfinement avec peut-être l'ouverture des lycées, des cafés et des restaurants". De l'autre, les départements de quatre régions dites "rouges" où le virus continue de circuler activement et où l'hôpital reste en forte tension. Dans ces départements, "le déconfinement y est possible avec certaines restrictions: pas d'ouverture des collèges, pas d'ouverture des parcs et jardins", a insisté Édouard Philippe. Au rang des régions les plus touchées figurent l'Île-de-France, les Hauts-de-France, la Bourgogne–Franche-Comté et le Grand-Est ainsi que Mayotte, où le déconfinement a été retardé.

Des déplacements limités

En Île-de-France, dense en population, la vigilance sera plus élevée. "Les Franciliens doivent limiter leurs déplacements au "strict nécessaire" et appliquer "encore plus scrupuleusement les gestes barrières", a indiqué Olivier Véran, le ministre de la Santé. Pour cette raison, en région parisienne, les transports seront limités aux personnes détentrices d'une attestation de leur employeur. Dans l'ensemble du pays, en vue "d'éviter les brassages de populations", une attestation sera obligatoire pour circuler au-delà de 100 km à vol d’oiseau, sauf à l’intérieur de son département, et le port du masque sera obligatoire dans tous les transports publics, sous peine d’une amende de 135 euros. Par ailleurs, les frontières resteront fermées jusqu'au 15 juin au moins, même si des dérogations – en cas de scolarisation d'un enfant par exemple – vont être instaurées. Du côté des écoles maternelles et primaires justement, "80 à 85% devraient rouvrir la semaine prochaine", selon le ministre de l'Éducation. 

"Dans trois semaines, nous saurons si nous avons réussi à contenir l'épidémie."
Édouard Philippe
Premier ministre français

 Toujours dans cette optique, le télétravail reste encouragé. Même si, le 11 mai, tous les commerces rouvriront. Au total, 400.000 entreprises représentant 875.000 emplois vont redémarrer. "L'État sera aux côtés des entrepreneurs", a martelé le ministre de l'Économie, en annonçant le maintien du fonds de solidarité jusqu'à la fin du mois de mai, "car le chiffre d'affaires des entreprises sera amputé des onze premiers jours du mois". Autre annonce: les charges sociales patronales seront totalement supprimées pour les mois de mars, avril et mai "pour tous les secteurs contraints à une fermeture administrative".

Un plan de reconfinement au cas où...

En matière sanitaire, "la capacité de dépistage est dès aujourd'hui au niveau des besoins estimés", selon le ministre de la Santé. Certains membres de l'opposition déplorent cependant l'absence de chiffres en la matière. "Nous risquons de voir lundi les cohues qui se pressent dans les transports en commun et donc la maladie se propager [...] On ouvre les écoles quand on est sûr à 100% de la sécurité pour les enfants. Ce n'est pas le cas", a déploré Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise. Et de fait, le gouvernement n'exclut pas la nécessité de reconfiner en cas d'échec. "Dans trois semaines, nous saurons précisément où nous en sommes, si nous avons réussi à contenir l'épidémie. Si les chiffres restent bas, nous pourrons passer à une nouvelle phase. Sinon, nous nous adapterons. Il ne serait pas sérieux de ne pas l'évoquer", a assuré Édouard Philippe. 

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