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Emploi, mobilité, médias... Les grands chiffres du confinement

Ce confinement qui nous enferme chez nous depuis le 18 mars a fortement impacté notre mode de vie, dans tous ses aspects. Retour en chiffres sur cette période sans précédent.

Mobilité, travail, consommation, médias, énergie... La période de confinement qui arrive tout doucement à son terme a impacté la vie quotidienne des Belges. Mais plus largement, c'est tout le tissu économique, social et citoyen qui cimente notre pays qui a été affecté. Voici comment cette période sans précédent a transformé votre quotidien.

L'organisation du travail déstructurée

L'organisation du travail des Belges a été touchée d'emblée par la crise du coronavirus. En quelques jours, de nombreuses entreprises et travailleurs on dû s'adapter et trouver des solutions pour continuer à exercer leur métier... Ou fermer boutique.

La Banque nationale de Belgique (BNB) a dressé un portrait de l'organisation du travail des Belges depuis le début du confinement.

Côté entreprises et travailleurs, la BNB indique que 41% des salariés du privé sont au chômage temporaire (soit 1,3 million de personnes) et que 50% des indépendants font appel au droit passerelle (soit près de 400.000 personnes). Les ventes du secteur privé sont également 34% inférieures à la normale et 7% des entreprises se disent confrontées à un risque de faillite dans les mois qui viennent.

L'économie touchée de plein fouet

Avec ce contexte de travail, c'est l'économie dans son ensemble qui vacille. Les commerçants ont été contraints de fermer boutique, la plupart des indépendants ont dû cesser leurs activités, les entreprises ont parfois dû placer leur personnel au chômage temporaire. Les répercussions de cette crise sur les finances publiques sont conséquentes. 

Le déficit budgétaire va être alourdi par les mesures prises pour limiter la casse et par des rentrées de recettes fiscales amoindries (IPP, TVA et Isoc). Selon Pierre Wunsch, gouverneur la BNB, la crise du Covid-19 coûtera 45 milliards d'euros à la Belgique et la croissance pourrait perdre jusqu'à 8% en 2020.


La mobilité presque au point mort

Suite au confinement, c'est toute la mobilité du pays qui tourne au ralenti. Les trains et les transports en commun ont adapté leur offre et la fréquentation a drastiquement chuté par rapport à une période normale de circulation.

Côté trafic routier, la circulation automobile a également fortement chuté, jusqu'à atteindre -98% de trafic par rapport à une période classique.

Cette baisse du trafic a eu des répercussions logiques sur le nombre d'accidents de la route. L'institut Vias estime ainsi que 4.017 accidents ont pu être évités, soit une baisse de 68% par rapport à une période de circulation normale. Cela représente environ 50 morts en moins sur nos routes.

Des achats de première nécessité avant tout

Au début du confinement, de nombreux Belges se sont rués dans les supermarchés pour faire le plein de provisions en cette période d’instabilité, bien que les grandes surfaces aient répété de nombreuses fois qu’il n’y aurait pas de pénurie.

Dans les chariots des consommateurs, les produits semblaient tous plus ou moins similaires. L'enseigne Carrefour a dressé une liste des 10 produits les plus vendus durant ce confinement. Farine, pâtes et riz occupent la tête du classement.

À noter que le papier toilette, qui a tant fait parler de lui, n'est pas repris dans ce classement.

L'association de consommateurs Test Achats a surveillé le prix du panier moyen des consommateurs durant ce confinement et il semble que celui-ci soit resté relativement stable dans la plupart des enseignes, excepté chez Colruyt et Collect&Go.

Une consommation médiatique en hausse

Les Belges étant forcés de rester à la maison, la consommation de médias a logiquement monté en flèche. Que ce soit la télévision linéaire, le streaming, la navigation internet, la consommation de data ou même du réseau téléphonique, une nette hausse de la consommation est visible.

On assiste à une hausse de la consommation télé linéaire (la télé classique) de 41% chez les Flamands et de 27% chez les francophones durant les semaines 12 à 16 (comparé à la même période en 2019), selon le CIM.

Quant au trafic web, le nombre pages vues au cours des semaines 12 à 16 a augmenté de 38%, le nombre d'utilisateurs quotidiens de 18% et le nombre de sessions de 53%, selon la même source.

Le réseau télécom a chauffé durant cette période, avec des hausses de consommation atteignant parfois 70% au début du confinement.

Sur ce graphique, on peut constater que le Belge utilise plus d'internet fixe. La baisse par rapport au 22 mars s'explique par les actions de Netflix, YouTube et Amazon, qui ont abaissé la qualité de l'image. À partir de là, les chiffres chuteront d'environ 20% pour atteindre environ 140%.

Par ailleurs, Netflix a enregistré 5,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier trimestre 2020, en hausse de 28% sur un an, et compte désormais près de 183 millions d’abonnés payants dans le monde, soit 15,8 millions nouveaux membres de janvier à mars.

Au niveau des appels téléphoniques, on constate à peu près autant d'appels sur ligne fixe qu'auparavant, mais ces appels sont nettement plus longs.

La consommation d'énergie en nette diminution

La consommation d'énergie a globalement baissé dans son ensemble durant ce confinement. La consommation d'électricité a ainsi baissé de 16%, la consommation d'eau de 8% (la première semaine du confinement) et celle de gaz de ville de 28% par rapport à une période normale.

Des marchés en berne

Les investisseurs avaient anticipé les mesures de confinement dès février, ce qui avait provoqué une chute historique de l’indice vedette de la Bourse de Bruxelles. Depuis la mi-mars, ils tablent sur une reprise prochaine de la croissance économique.


Assez paradoxalement, le début du confinement en Belgique, le 18 mars 2020, coïncide avec le début de la remontée de l’indice Bel 20 depuis son point bas de 2.528,77 points atteint le 17 mars 2020 en clôture.

L’indice vedette de la Bourse de Bruxelles avait atteint un sommet (pas historique, car il n’a jamais retrouvé son record absolu qui date d’avant la crise financière de 2008) à 4.198,31 points le 17 février 2020 en clôture. Il s’agissait alors de son plus haut niveau depuis novembre 2007.

Puis le Bel 20 a dégringolé de 40%, un plongeon historique dans un laps de temps aussi réduit. Depuis ce point bas, l’indice belge a récupéré 23% (à la clôture de mardi). Il devrait encore grimper de 35% pour retrouver son sommet du 17 février.

Santé

Le coronavirus a eu pour première conséquence de toucher la santé des Belges. En premier lieu celle de nos aînés et des personnes les plus fragiles. Actuellement, 47.334 personnes ont été infectées par le Covid-19, 7.331 en sont décédées et 10.943 sont sorties de l'hôpital.

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