"En 2 semaines, on a perdu plus de 80% de notre chiffre d'affaires"

Mathieu de Lophem à la tête de Skipr, l'application de mobilité, devait clôturer une levée de fonds importante il y a quelques jours. ©doc

La situation des start-ups est très tendue. Réduction des coûts au maximum, mesures drastiques et agilité sont le quotidien des jeunes pousses belges qui font le gros dos.

"Il y a clairement eu des jours meilleurs." Au bout du fil, Jonathan Schockaert, fondateur de ListMinut, la plus grande plateforme d’économie collaborative du pays. Les milliers de services de déménagement, plomberie ou jardinage que propose ListMinut chaque mois sur sa plateforme sont à l’arrêt depuis 3 semaines. "On a dû afficher un message pour décourager les gens d’utiliser notre plateforme. Un crève-cœur, mais c’était notre responsabilité en tant que citoyens." Depuis deux semaines, les 15 employés de ListMinut sont au chômage temporaire pour "réduire les coûts au maximum".

Les fondateurs de ListMinut ont décidé de réduire de 30% leur rémunération pour notamment permettre à leurs employés de toucher l’intégralité de leur salaire.

Les fondateurs de ListMinut ont décidé de réduire de 30% leur rémunération pour notamment permettre à leurs employés de toucher l’intégralité de leur salaire malgré le chômage temporaire. "Le plus important pour nous, ce sont nos employés. Quand cela va reprendre, on aura besoin d’eux pour se donner à fond." La start-up affirme pouvoir tenir encore quelques mois avec ses réserves, mais s’inquiète plus pour la reprise : "Ce qui va compter c’est la vitesse de la relance. Si cela prend un an à redémarrer pleinement, nous aurons un problème." Jonathan Schockaert sait qu’il est dans une moins mauvaise posture que d’autres jeunes pousses qui ont les reins moins solides, "pour certaines boîtes, il ne reste que 1 ou 2 mois de vie. Après…"

"Pour certaines boîtes, il ne reste qu'un ou deux mois de vie. Après…"
Jonathan Schockaert
CEO de ListMinut

Dans un secteur tout aussi impacté, on retrouve Mathieu de Lophem, à la tête de Skipr, l’application de mobilité pour entreprises et indépendants. "On ne va pas se mentir, la mobilité n’est pas la priorité actuelle des entreprises. En 2 semaines, on a perdu plus de 80% de notre chiffre d'affaires". Business à l’arrêt donc et chômage temporaire pour tout le monde. Mais Mathieu de Lophem a un autre problème, il est en pleine levée de fonds. "Cela devait se clôturer il y a 5 jours. C’est simplement reporté pour le moment. J’espère qu’il n’y aura pas de changement dans les négociations. L’objectif est toujours de faire aboutir cette levée à court terme."

Il pense lui aussi à l’après : "Notre solution reste pertinente, mais le monde ne sera pas le même en sortie de crise, on ne ciblera donc peut-être pas les mêmes gens." De là à repenser son business modèle? "Est-ce que notre proposition de valeur sera la même en sortie de crise? Je ne pense pas. Tout le monde doit se poser la question d'ailleurs." En attendant des jours meilleurs, les start-ups font le gros dos.

 

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