En ces temps de coronavirus, ouvrir parce qu'il faut, ou patienter faute de mieux

Malgré le confinement, le nouveau Färm de Braine-l'Alleud a ouvert ses portes à heure et à temps.

Le coronavirus n'a pas empêché de nouveaux commerces d'ouvrir leurs portes. Pas toujours évident dans un tel contexte. Des projets qui n'ont pu être clôturés à temps sont par contre suspendus sine die.

Des produits frais pimpants, un service traiteur alléchant, du vrac, des produits cosmétiques, du matériel de jardinage... Au nouveau Färm de Braine-l'Alleud, tout était prêt pour attirer le chaland. Mais le coronavirus est venu doucher l'enthousiasme de son fondateur, Cédric Moulin.

"Arriver au seuil de rentabilité prendra plus de temps que prévu. Mais nous ne pouvions pas reporter le lancement."
Cédric Moulin
Gérant associé du Färm de Braine-l'Alleud

Avec trois associés, cet ex-CEO de Cameleon s'est mis en tête d'ouvrir trois franchisés Färm en Brabant wallon. Le 26 mars dernier, des festivités étaient prévues sur le site de Mont-Saint-Jean pour inaugurer dignement le 13e magasin Färm. Elles ont été reportées. Mais le magasin, qui tourne avec une équipe de 13 personnes (les 4 associés et 9 employés), n'en a pas moins ouvert ses portes.

Difficile de prendre son essor dans de telles conditions. "Arriver au seuil de rentabilité prendra plus de temps que prévu. Mais nous ne pouvions pas reporter le lancement. Cela faisait un an que nous nous préparions et tout était quasi prêt quand le confinement est arrivé", explique Cédric Moulin. Hors de question, pour lui, de mettre le personnel en chômage technique avant même de commencer.

Ouverture obligée

Le Färm de Braine n'est pas le seul à ouvrir dans ces circonstances particulières. Dans certains cas, on peut même parler d'une ouverture obligée. "Reporter l'ouverture serait une catastrophe, et même une mort assurée pour certains magasins", assure Luc Bormans, président de l'Aplsia (Association professionnelle du libre-service indépendant en alimentation). Des commerces sont notamment mis sous pression par les banques.

 

"Reporter l'ouverture serait une catastrophe, et même une mort assurée pour certains magasins."
Luc Bormans
Président de l'Aplsia

A Beauraing et à Bertrix, deux AD Delhaize viennent de rouvrir leurs portes après un mois de fermeture pour rénovation et agrandissement. "Nous avons investi quelques millions d'euros, mais jusqu'ici cela n'a pas porté beaucoup de fruits. Le magasin s'est rouvert le 12 mars, jour du début du confinement. Il y a eu un rush le 13, puis cela s'est fort calmé", raconte Eric Schul, gérant de l'AD Delhaize de Bertrix.

Ce magasin, qui emploie 40 personnes, a vu son chiffre d'affaires ramené de 320.000 à 240.000 euros par semaine. "Même si les gens achètent plus, il y a moins de monde. Et un mois de fermeture, cela coûte déjà fort cher", dit Eric Schul.

 

240.000
€/semaine
Depuis sa réouverture le... 12 mars, l'AD Delhaize de Bertrix a vu son chiffre d'affaires ramené de 320.000 à 240.000 euros par semaine.

Le nouveau Carrefour Express qui vient d'ouvrir ses portes au CHC MontLégia, à Liège, fait figure d'exception. Son ouverture a été avancée précisément en raison du coronavirus. Il n'est encore accessible qu’au personnel de l’hôpital. Pour son gérant, Réginald Willems - ex-coach du tennisman David Goffin -, il n’était pas question de repousser l’ouverture. Pour lui, assurer l’approvisionnement de la population est une priorité. Et son implantation en milieu hospitalier permet un accès facile pour le personnel hospitalier, qui n’a pas beaucoup de temps à consacrer à ses courses.

Report forcé

A l'inverse, il y a ceux qui sont bien forcés de reporter l'ouverture d'un magasin. C'est le cas, par exemple, du nouvel Ekivrac de Le Roux (Fosses-la-Ville). "Nous devions ouvrir la semaine prochaine, mais des corps de métier chargés de l'agencement du magasin ne travaillent plus actuellement. Nous espérons pouvoir limiter le report à l'été au plus tard", dit Géraud Strens, le patron fondateur de cette enseigne bio.

Frank Mestdagh, lui, devra patienter un peu plus encore. Cousin d'Eric et John Mestdagh, il a quitté l'enseigne carolo il y a 20 ans pour se lancer dans des projets personnels, dont le magasin coopératif D'ici. Créé en 2013 à Naninne, il vend des produits locaux. Frank Mestdagh prépare l'ouverture d'un deuxième point de vente à Wépion. Il devra patienter: avec le Covid, l'urbanisme de la Ville de Namur ne peut plus ouvrir le courrier. "En temps normal, nous aurions pu espérer une ouverture en mai 2021, mais là, nous ne savons pas quand la procédure sera relancée", dit Frank Mestdagh.

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