analyse

Entre-t-on dans la troisième vague de Covid?

©REUTERS

Au vu des données épidémiologiques et de la vitesse de propagation du variant britannique, la troisième vague de Covid semble toute proche. Les experts montrent leur inquiétude.

Les hospitalisations et nouvelles contaminations poursuivent leur tendance à la hausse alors que le gouvernement fédéral et les entités fédérées ont refusé d'accorder les assouplissements espérés lors du Comité de concertation de vendredi, hormis la réouverture de tous les métiers de contact, décision déjà entérinée précédemment, et un couvre-feu restreint à l'horaire 24h-5h en Wallonie.

"Les chiffres incertains ne nous permettent pas d'assouplir les mesures en vigueur. Ce serait insensé et irresponsable", a justifié le Premier ministre, Alexander De Croo.

Tendance haussière

Et les chiffres publiés ce dimanche matin confirment la position prudente du gouvernement. Entre le 21 et le 27 février, il y a eu en moyenne 143,7 admissions à l'hôpital par jour, soit une augmentation de 20% par rapport à la période de référence précédente.

"Tous les ingrédients sont réunis pour une potentielle troisième vague de l'épidémie de coronavirus, avec plusieurs éléments convergents."
Marius Gilbert
Épidémiologiste (ULB)

Si, sur la seule journée de vendredi, il y avait eu 204 hospitalisations, un chiffre au plus haut depuis la fin décembre, cet indicateur s'est arrêté à "seulement" 152 samedi, dans la lignée de la moyenne quotidienne enregistrée en début de semaine et qui avoisinait alors les 150 admissions par jour.

Il restera à voir si le cap des 200 hospitalisations franchi vendredi est un phénomène qui se reproduira dans les prochains jours et si la baisse constatée samedi n'est pas liée au week-end.

Au total, 1.841 personnes sont actuellement hospitalisées en raison du Covid-19, dont 399 (+2%) aux soins intensifs, selon le bulletin épidémiologique de Sciensano. Le taux de positivité atteint désormais 6,8%.

Où en est-on au niveau des contaminations? À une remontée de 23% en moyenne des contaminations (2.401 par jour).

À un taux de reproduction en hausse, à 1,15 (s'il est supérieur à 1, c'est que la transmission du virus progresse). Et avec un variant britannique qui gagne du terrain.

Face à ses chiffres, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a demandé aux hôpitaux de passer en phase 1B, en réservant la moitié des lits en soins intensifs pour accueillir des patients souffrant du Covid-19.

Est-ce une troisième vague?

Évidemment, la question se pose: à quel point est-ce inquiétant? Entre-t-on dans la troisième vague? "Tous les ingrédients sont réunis pour une potentielle troisième vague de l'épidémie de coronavirus, avec plusieurs éléments convergents", a estimé Marius Gilbert, l'épidémiologiste de l'ULB, sur le plateau du "Grand Oral" (La Première (RTBF)-Le Soir.

"Si on entre dans une troisième vague, on est dans une exponentielle et ça va aller très vite."
Yves Coppieters
Epidémiologiste (ULB)

Marius Gilbert s'est basé sur les données chiffrées de Sciensano mais aussi sur une étude de l'Université d'Anvers mesurant l'adhésion et la motivation de la population aux mesures et à l'application des gestes barrière, "il y a eu une chute de l'adhésion très très marquée ces dix derniers jours et une augmentation des contacts rapprochés", relève l'expert.

Mais selon Marius Gilbert, si la troisième vague déferle sur la Belgique, elle ne sera toutefois pas aussi importante que ce que l'on a connu par le passé.

L'efficacité des vaccins

"Le variant britannique devrait représenter 70% des cas en mars."
Yves Coppieters
Épidémiologiste (ULB)

L'épidémiologiste Yves Coppieters s'est aussi montré circonspect vendredi, sur le plateau de la RTBF : "La question se pose de savoir si nous sommes entrés dans une troisième vague, si l'on va rester stable ou diminuer. Si on entre dans une troisième vague, on est dans une exponentielle et ça va aller très vite."

Yves Coppieters a aussi pointé le variant britannique: "La moitié des personnes positives sont contaminées par le variant britannique, qui se propage plus facilement. C'est ça le problème, ce variant est en train de créer une nouvelle phase épidémique. Il devrait représenter 70% des cas en mars." La parade, outre les mesures de protection, réside dans les vaccins, qui prouvent leur efficacité au vu des données épidémiologiques portant sur les personnes âgées. Et le Danemark est parvenu à maîtriser sa deuxième vague alors que le variant britannique représentait 70% des cas, a ajouté l'expert de l'ULB.

Le comité de concertation de vendredi prochain fera le point sur ces trois éléments, données épidémiologiques, progression du variant britannique et avancée de la vaccination, pour déterminer la stratégie des prochaines semaines. "Il est tout à fait possible que nous puissions ne rien décider la semaine prochaine. Si c’est vraiment le début d’une troisième vague, il est même possible que nous nous demandions si des mesures supplémentaires sont nécessaires", a expliqué Vincent Van Peteghem, vice-Premier et ministre des Finances (CD&V), sur VTM Nieuws.

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