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Neil Ferguson, très influent épidémiologiste de l’Imperial College, a dû démissionner avec fracas. ©REUTERS

Alors que le Royaume-Uni est désormais le pays européen le plus sévèrement impacté par le coronavirus, les révélations sur les légèretés du très influent épidémiologiste de l’Imperial College, Neil Ferguson, font désordre.

Le membre le plus médiatique du SAGE, le comité scientifique du gouvernement, qui est en première ligne dans cette crise du coronavirus, a dû démissionner de sa fonction avec fracas. L’austère quotidien The Telegraph a révélé que celui-ci avait reçu au moins deux fois une femme déjà mariée, à son domicile, pour des raisons jugées non essentielles. Les déplacements de son amie, effectués entre le sud et le centre de Londres, ont eu lieu bien avant le pic de la pandémie, entre fin mars et début avril, au moment le plus intense de la crise.

“J’ai agi en pensant que j’étais immunisé, ayant été testé positif au coronavirus et m’étant complètement isolé pendant au moins deux semaines après avoir développé des symptômes, s’est excusé Ferguson. Je regrette profondément d’avoir sapé le message officiel de distanciation sociale, qui est sans équivoque et destiné à tous nous protéger.”

Au-delà de l’infraction des règles du confinement, le décalage entre l’irresponsabilité et le catastrophisme de ce scientifique réputé laisse songeur.

Le décalage entre l’irresponsabilité et le catastrophisme de ce scientifique réputé laisse songeur.

A la mi-mars, alors que Boris Johnson se limitait encore à des recommandations de gestes barrière, l’équipe de Ferguson a forcé le Premier ministre à accélérer le passage au confinement après une prévision haute à 500.000 morts si la stratégie de l’immunité collective était maintenue. Les conclusions de Ferguson ont été très critiquées par d’autres scientifiques. Il faut dire qu’elles ont été obtenues via un programme informatique, conçu il y a déjà treize ans. Dans un aveu effarant fait à un journaliste du Times au mois de mars, Ferguson avait indiqué que personne ne pourrait utiliser ni comprendre son programme. “Tout est dans ma tête, sans mode d’emploi”, avait-il affirmé avec l’assurance d’un docteur Strangelove.

Les prévisions de Ferguson au cours des vingt dernières années ont souvent été boursouflées. A la limite du délire. Il avait anticipé un maximum de 200 millions de morts de la grippe aviaire en 2005 (contre seulement 282 au final). Il y a encore dix jours, Ferguson anticipait les risques d’un déconfinement trop prononcé, en anticipant jusqu’à 100.000 morts au Royaume-Uni d’ici la fin de l’année, soit trois fois plus qu’aujourd’hui, et ce malgré la très forte augmentation du nombre de tests, de masques et d’outils de traçage par rapport au début de la pandémie.

Ce scandale est un tournant pour Boris Johnson, qui ne pourra désormais plus se cacher derrière le petit doigt des scientifiques.

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