Le Brabant wallon et le Luxembourg instaurent un couvre-feu

Le Brabant wallon et le Luxembourg ont décidé d'instaurer un couvre-feu. À Bruxelles, les cafés sont fermés. ©BELGA

Les contaminations et hospitalisations continuent leur hausse partout dans le pays. Les mesures de plus en plus restrictives se succèdent. Les provinces du Brabant wallon et du Luxembourg instaurent un couvre-feu entre 1h et 6h.

Les chiffres sont là. Plutôt alarmants en termes de hausse, mais restant, pour l'heure, à un niveau gérable pour les hôpitaux. Cela étant, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à transférer des patients –alors qu'à Bruxelles beaucoup d'unités de soins intensifs (USI) voient déjà 25% de leurs lits occupés par des patients Covid– et aussi à annuler les soins non urgents. Il y a actuellement 1.329 patients hospitalisés dans notre pays, dont 243 en soins intensifs.

"On a progressivement un déplacement [des contaminations] vers les gens plus âgés."
Yves Van Laethem
Infectiologue, CHU Saint-Pierre.

"Le nombre de nouveaux cas double tous les huit jours." Et si ça continue, la Belgique pourrait atteindre les 10.000 nouvelles contaminations par jour à la fin de la semaine, selon l'infectiologue Yves Van Laethem... Les 20-29 ans restent les plus concernés, mais "on a progressivement un déplacement vers les gens plus âgés", constate-t-il. Si le rythme actuel se poursuit, 500 patients seraient en USI à la fin du mois, et sans doute 1.000 en novembre, alors qu'il y en avait 1.250 au printemps.

Règles mal respectées

Bruxelles et la Wallonie sont les régions les plus impactées. Mais que faut-il faire pour endiguer cette hausse continue du nombre de cas positifs, d'hospitalisations et de décès? Pour de nombreux experts, la solution est simple: respecter les règles. On entend ici la distanciation sociale, le port du masque, la limitation des contacts... Pour être bien appliquées, les règles doivent être bien comprises, ce qui n'est pas toujours le cas. Comme la bulle de 3, alors que 4 convives sont permis à la maison et 10 personnes au restaurant...

Mesures plus strictes

De nouvelles règles sont entrées en vigueur vendredi en Wallonie, notamment la fermeture des cafés à 23h. Leurs effets ne se feront pas sentir avant dix, voire quinze jours. Mais, déjà, des voix s'élèvent pour en faire plus.

10 à 15
jours
Il faut attendre de dix à quinze jours pour voir, dans les chiffres, les premiers effets de nouvelles mesures.

Il faut brider ceux qui ne restreignent pas leurs contacts sociaux. D'ailleurs, Bruxelles a adopté des mesures plus strictes, en fermant totalement ses bars et cafés. Les provinces de Liège, du Hainaut, du Luxembourg et de Namur ont ordonné la fermeture des buvettes de clubs sportifs. Ces mesures, qui visent à limiter les risques de contaminations, doivent surtout permettre d'étaler les hospitalisations dans le temps. En Flandre, l'ensemble du monde sportif passera à l'orange dès mercredi, interdisant les sports rapprochés en salle. Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la ministre des Sports Valérie Glatigny (MR) a prévu de s'entretenir mardi avec l'ensemble des fédérations sportives pour faire le point.

Un couvre-feu dans le Brabant wallon et le Luxembourg

Un couvre-feu était aussi à l'étude ce lundi en Wallonie. Et Gilles Mahieu, le gouverneur du Brabant wallon, province la plus touchée par la hausse de cas, a pris la décision ce lundi soir de faire passer sa province sous couvre-feu entre 1h et 6h du matin durant quinze jours

À partir du 13 octobre à minuit, il sera donc interdit de se trouver sur la voie ou dans les espaces publics entre 1h et 6h du matin, sauf pour les déplacements médicaux urgents, pour les cas de force majeure, pour assister des personnes vulnérables, pour se rendre ou rentrer de son lieu de travail ou dans le cadre d'un voyage à l'étranger.

Dès ce mardi, les citoyens âgés de plus de 12 ans auront l'obligation d'être en possession d'un masque en permanence.

Dans la foulée, c'est le gouverneur de la province du Luxembourg Olivier Schmitz qui a pris la décision d'interdire les déplacements non essentiels de 1h à 6h dès le mercredi 14 octobre pour une durée de quinze jours renouvelable.

D'autres mesures seront d'application à partir du 13 octobre à minuit, mais dans l'ensemble de la Wallonie cette fois:

  • Les citoyens âgés de plus de 12 ans auront l'obligation d'être en possession d'un masque en permanence.
  • Le port du masque sera obligatoire dans les files d'attente, les bâtiments publics, les cimetières lors des funérailles et pendant la période de la Toussaint (du 30 octobre au 3 novembre).
  • Toute activité impliquant le porte-à-porte pour des enfants (on vise ici les animations d'Halloween) est interdite en Brabant wallon.
  • Les organisateurs d'événements pour les salles de fête, réceptions et autres banquets ont aussi l'obligation de déclarer ces événements par mail auprès de la zone de police concernée, au plus tard 24 heures à l'avance, en mentionnant notamment l'horaire et le nombre de personnes attendues.

Du côté des "amplifications de mesures précédentes", l'interdiction de consommer de l'alcool dans l'espace public, initialement imposée entre 1h et 6h du matin, est étendue à toute la journée. Il sera aussi interdit de consommer des boissons et des aliments sur les brocantes, marchés et assimilés, endroits où le masque est par ailleurs obligatoire.

Le nombre d'emplois perdus, les faillites... Cela va tuer plus de gens que le Covid.
Philippe El Haddad
Directeur général médical du Chirec.

Avec de telles mesures, on n'est plus loin d'un véritable reconfinement, une décision difficile à prendre par les politiques qui font déjà face à une fronde du monde de l'horeca. Et au vu des conséquences, à court, moyen et long terme, un reconfinement fait très peur à certains experts.

"Le nombre d'emplois perdus, les faillites... Cela va tuer plus de gens que le Covid", expliquait, inquiet, le docteur Philippe El Haddad, directeur général médical du Chirec. Les professionnels des soins pointent aussi les risques pour la santé mentale, déjà observés lors du premier confinement. Tout est question de balance dans la gestion des risques. Or les bagarres entre experts, dont dépendent les politiques pour la connaissance de la situation, font rage...

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