Frank Vandenbroucke appelle à la solidarité face aux nouvelles hospitalisations

Le nouveau ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke ©BELGA

"Il n'y a qu'une seule solution, la solidarité", a déclaré jeudi le nouveau ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (sp.a) en séance plénière de la Chambre, à propos de la nouvelle flambée de contaminations au Covid-19 observée en Belgique.

Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) et son ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a) ont été longuement interrogés à la Chambre par les députés sur les mesures destinées à ralentir la propagation du coronavirus (Covid-19) prises mardi par le comité de concertation. Plusieurs députés ont également dénoncé les propos du bourgmestre d'Alost Christoph d'Haese (N-VA), qui affirmait que les hôpitaux alostois n'accueilleraient plus de patients bruxellois.

"Nous constatons une flambée des contaminations aux quatre coins du pays. On ne peut pas dire qu'il existe des endroits qui ne sont pas infectés", a répondu Alexander De Croo. "J'ai pleinement conscience que nous demandons beaucoup de choses. Nous savons que les gens en ont assez. Mais on insiste, car c'est la seule manière de protéger les personnes les plus vulnérables. Nous avons tous vu des images de terrasses bondées. Je ne suis pas là pour montrer du doigt, c'est parfaitement humain, mais on ne peut pas se le permettre. C'est trop dangereux", a justifié Alexander De Croo à propos de la fermeture décrétée à 23 heures dans l'horeca.

"Je suis très content de voir que Bruxelles a tout de suite enchaîné avec des mesures parfaitement défendables."
Alexander De Croo
Premier ministre

"On a pris cette décision sur base de l'avis de la Celeval (Cellule d'évaluation fédérale)", a-t-il expliqué, ajoutant que cet avis précisait que "les mêmes problèmes ne se posent pas dans les restaurants". "Je ne vois pas pourquoi nous n'aurions pas dû suivre cet avis." "On a aussi décidé que c'était un socle de mesures", a ajouté M. de Croo. "Je suis très content de voir que Bruxelles a tout de suite enchaîné avec des mesures parfaitement défendables."

"La science est incertaine"

Frank Vandenbroucke a de son côté exprimé toute la difficulté de prendre une décision. "Existe-t-il une preuve scientifique? Je vais peut-être vous décevoir… mais la science est incertaine. Les données sont perfectibles. L'incertitude scientifique prévaut. Or, le politique doit décider. Si on est attaqué par une puissance étrangère,  nous nous protégerons là où nous sommes le plus vulnérable. C'est ce que nous faisons. Mais ne nous demandez pas la preuve ultime. Est-ce injuste? Bien sûr. Le virus aussi est injuste. La justice lui est totalement étrangère."

"Est-ce injuste ? Bien sûr. Le virus aussi est injuste."
Frank Vandenbroucke
Ministre de la Santé publique

Le nouveau ministre de la Santé publique est aussi revenu sur la polémique lancée par le bourgmestre d'Alost. "L'hôpital d'Alost est dans un réseau avec les hôpitaux de Bruxelles. Cela signifie que, à l'avenir, si un patient alostois est en difficulté, les hôpitaux bruxellois seront là. Cinq cents patients alostois ont été soignés à Bruxelles l'année dernière. Il faut respecter ce qui a été convenu. Il n'y a qu'une seule solution, la solidarité. Solidarité entre nous, entre les gouvernements et entre les hôpitaux." Le chef de groupe N-VA Peter De Roover a au contraire pris la défense de Christoph D'Haese, dénonçant une récupération politicienne de ses propos.

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