Frank Vandenbroucke: "On n'y arrivera pas sans mesures supplémentaires"

"Il faudra faire un choix pour diminuer de façon drastique les contacts et la mobilité", a lancé le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke avant le Comité de concertation de ce vendredi après-midi. ©BELGA

Que faire pour permettre la réouverture de l'horeca au 1er mai, le retour des élèves 100% en présentiel? Le report des assouplissements programmés est envisagé, de même que l'initiation de nouvelles mesures. Le Codeco du jour s'annonce hyper tendu.

Le Premier ministre Alexander De Croo a convoqué un Comité de concertation ce vendredi à 15h, sous forme électronique. Normalement, le prochain Codeco devait avoir lieu le 26 mars. Mais voilà, le scénario anticipé par les modèles se vérifie: les contaminations au Covid et les hospitalisations sont en nette hausse après plusieurs semaines de "plateau".

Le yo-yo, ce n'est pas la solution."
Elio Di Rupo
Ministre-président wallon

Frank Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé, a résumé l'enjeu ce vendredi matin sur Bel RTL: "L'objectif, c'est de pouvoir rouvrir les écoles en toute sécurité et complètement le 19 avril, après les vacances de Pâques. Pour moi, c'est essentiel. Et nous voulons rouvrir l'horeca le 1er mai. Mais on n'y arrivera pas sans mesures supplémentaires."

Hospitalisations en forte hausse

Les participants du Codeco analyseront les chiffres (hospitalisations en hausse de 27% en une semaine; 543 patients traités en soins intensifs; augmentation de 34% des contaminations) et les propositions de réactions des experts face à ce qu'on hésite à déjà qualifier de 3e vague. Plusieurs de celles-ci ont filtré: renforcement du couvre-feu, fermeture de certains commerces et, à nouveau, des salons de coiffure, report du plan Plein Air...

"Si un secteur ferme, le dernier doit être les écoles."
Christie Morreale
Ministre de la Santé wallonne

"Le yo-yo, ce n'est pas la solution", a commenté le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, jeudi soir sur la RTBF. "Peut-être faut-il des mesures locales parce que ça (les contaminations, NDLR) augmente dans certaines provinces, comme la province de Namur", a lancé Christie Morreale, la ministre de la Santé wallonne.

Plusieurs mesures envisagées concernent aussi l'enseignement. "Si un secteur ferme, le dernier doit être les écoles", a insisté Christie Morreale. Mais le report après Pâques, au 19 avril plutôt qu'au 29 mars donc, d'un enseignement 100% en présentiel pour la 3e et la 4e secondaire est sérieusement envisagé, de même que le port du masque en classe pour les enfants à partir de 10 ans (5e primaire).

Les responsables de l'enseignement se réunissent, ce vendredi à 14h, pour déterminer l'attitude à adopter face à hausse des foyers de contamination dans les écoles.

"Il faudra faire un choix pour diminuer de façon drastique les contacts et la mobilité. C'est la seule solution."
Frank Vandenbroucke
Ministre de la Santé

Comment forcer le télétravail?

On risque cependant de ne pas se contenter des quelques mesures envisagées dans les écoles. "Je crains que cela ne suffise pas", a admis Frank Vandenbroucke. "Il faut ajouter d'autres mesures..." Lesquelles? "Je ne vais pas devancer décisions du Comité de concertation. (...) Il faudra faire un choix pour diminuer de façon drastique les contacts et la mobilité. C'est la seule solution."

Le ministre de la Santé a ainsi repointé le problème du télétravail, de moins en moins respecté alors que les contaminations semblent se faire pour 40% sur le lieu de travail et pour 30% à l'école. "Pour être très clair, les gens doivent rester chez eux. C'est obligatoire et nécessaire, sauf là où c'est impossible. Nos employeurs ne prennent pas vraiment leurs responsabilités."

100.000
injections/semaine
Seules 100.000 injections hebdomadaires peuvent actuellement être réalisées en Wallonie.

Duel entre le virus et la vaccination

Depuis trois mois, c'est une course contre la montre, un duel entre le virus et la vaccination. Le premier se montre particulièrement incisif ces derniers jours - on ne peut pas en dire autant de la campagne de vaccination - et donc, il faut le freiner. Mais comment donner l'avantage à la vaccination qui a rencontré son lot d'embûches?

"Il y a un retard considérable dans la production", a rappelé Elio Di Rupo jeudi. En Wallonie, nous disposons d'une capacité pour procéder à 200.000 vaccinations par semaine. Si on avait des vaccins en quantité, on pourrait doubler la vitesse de vaccination." En effet, seules 100.000 injections hebdomadaires peuvent actuellement être réalisées au sud du pays. À cause de ces retards, le retour à la liberté "serait plutôt pour août que juillet", estime le ministre-président.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité