Frank Vandenbroucke: "Testons les profs chaque semaine"

La stratégie de testing dans les écoles devrait rapidement prendre de l'ampleur. ©BELGA

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke soutient le "testing répétitif des enseignants, par exemple avec des tests salivaires". Reste à organiser la concertation et la logistique. L'ULiège est partante.

"Il faut tenir les écoles ouvertes, mais développer des stratégies de testing plus assertives", lançait, ce vendredi matin, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a) sur Bel RTL. Actuellement, les stratégies de testing diffèrent au nord et au sud du pays: la Flandre a instauré des tests rapides dans ses écoles tandis que la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) utilise les tests PCR, plus fiables, mais dont les résultats se font attendre plusieurs jours.

100.000
personnes
Le personnel de l'enseignement obligatoire à tester en FWB représente environ 100.000 personnes.

Herman Goossens, qui préside la taskforce testing, a proposé un testing salivaire systématique dans les établissements scolaires et l'idée a séduit Frank Vandenbroucke. Il a contacté les entités fédérées pour envisager un dépistage hebdomadaire des enseignants. Il s'agirait d'un prélèvement salivaire analysé ensuite par une PCR en laboratoire.

Discuter du financement

Cette avancée réjouit la CSC-Enseignement, qui défend depuis longtemps le testing à grande échelle dans les écoles, pour les enseignants mais aussi pour les enfants. "Plus on teste et plus vite on le fait, plus rapidement on circonscrira les clusters", souligne Roland Lahaye, le secrétaire général du syndicat.

"Je suis prêt à financer une partie de l'exercice par le biais fédéral", a promis le ministre fédéral de la Santé. Du côté du ministre-président de la FWB Pierre Yves Jeholet (MR) et de la ministre de l'Éducation Caroline Désir (PS), on s'en réjouit. Le personnel de l'enseignement obligatoire en Fédération, c'est 100.000 personnes à tester...

Les tests salivaires ne requièrent guère de personnel médical en amont vu, qu'ils peuvent être effectués facilement à domicile.

Mais on n'en est qu'au stade des discussions. Il faut voir quel sera exactement le financement et comment rendre cela opérationnel", explique le porte-parole de Pierre Yves Jeholet. Même prudence du côté du cabinet de Caroline Désir, et même intérêt: "Un tel test permet de lancer l'alerte, pour envisager un testing plus massif si des cas positifs sont décelés", résume le porte-parole de la ministre.

Une technique bien maîtrisée

L'intérêt - en termes de santé publique - est important. En effet: plus un cas positif est détecté rapidement, plus vite il sera écarté du groupe.

Ces tests salivaires sont mis au point à l'université de Liège. Ils ne requièrent guère de personnel médical en amont, vu qu'ils peuvent être effectués facilement à domicile. Le résultat est connu dans les 12 heures. D'abord proposés au personnel académique et aux étudiants liégeois, ils ont ensuite été utilisés, dès la mi-novembre, pour dépister le personnel des maisons de repos.

"Si chaque prélèvement nécessite un document prescrit par un médecin et une uniformisation des données pour les communiquer rapidement à Sciensano, cela sera beaucoup plus long..."
Fabrice Bureau
Coordinateur de la méthode de test automatisé de dépistage de l'ULg

L'expérience, qui a coûté 7 millions d'euros, se termine tout doucement, signale la porte-parole de la ministre régionale de la Santé Christie Morreale (PS). La capacité pourrait donc être utilisée pour les écoles.

Facile et rapide?

Fabrice Bureau, vice-recteur à la recherche et coordinateur de la méthode de test automatisé de dépistage à l'ULiège, confirme les contacts avec les différentes parties. Il estime possible de lancer rapidement ce système dans les écoles. "Avec les maisons de repos, tout avait été mis en place en dix jours."

Mais tout dépendra des modalités. "S'il s'agit d'une procédure simplifiée, cela ira vite. Mais si chaque prélèvement nécessite un document prescrit par un médecin et une uniformisation des données pour les communiquer rapidement à Sciensano, cela sera beaucoup plus long..."

Concernant la logistique, Fabrice Bureau rappelle que pour les maisons de repos, l'ULiège se chargeait de l'acheminement des kits et du rapatriement des tests vers les laboratoires. Et compte faire de même pour les écoles...

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité