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Gestion du covid en France: Agnès Buzyn mise en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui"

Mi-février, Agnès Buzyn avait quitté le gouvernement pour briguer la mairie de Paris, remplacée par Olivier Véran. ©EPA

L'ex-ministre française de la Santé Agnès Buzyn a été inculpée vendredi pour "mise en danger de la vie d'autrui" en raison de sa gestion de la pandémie.

L'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a été mise en examen vendredi pour "mise en danger de la vie d'autrui" à l'issue de son audition par des magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), première personnalité mise en cause dans l'enquête sur la gestion de l'épidémie de Covid-19.

Elle a été également placée sous le statut de témoin assisté pour "abstention volontaire de combattre un sinistre". Ce statut de "témoin assisté", propre au droit français, est un statut hybride à mi-chemin entre le témoin classique et le mis en examen.

L'ancienne ministre a été entendue pendant plusieurs heures.

"Les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles"
Agnès Buzyn
Le 24 janvier 2020

Face au tsunami

Au tout début 2020, Mme Buzyn occupait un rôle central, à la tête du ministère de la Santé (mai 2017 - février 2020). Alors que le monde commençait à prendre peur après les informations alarmantes venant de Wuhan, en Chine, cette hématologue de formation avait pris la parole à l'Elysée le 24 janvier 2020 pour dire: "Les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles". Avant de préciser que cette analyse pouvait "évoluer".

Mi-février, elle avait quitté le gouvernement pour briguer la mairie de Paris, remplacée par Olivier Véran.

Mais quelques jours après sa défaite électorale, alors que la France se confinait, elle créait un tollé en disant dans le Monde du 17 mars 2020: "Quand j'ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous". "Depuis le début, je ne pensais qu'à une seule chose: au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c'était une mascarade", avait-elle encore dit au Monde au sujet des élections municipales.

Des propos confirmés en juin 2020 devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire: elle y avait indiqué avoir alerté l'Élysée et Matignon dès janvier sur le "danger" potentiel du coronavirus.

Des dizaines de milliers de plaintes

Depuis, la CJR a reçu de nombreuses plaintes liées au Covid-19, "14.500" a dit mercredi le procureur général près la Cour de cassation François Molins.

L'ancien Premier ministre Edouard Philippe et le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, sont, eux aussi, visés.

"Une excellente opportunité pour moi de m'expliquer et de rétablir la vérité des faits."
Agnès Buzyn
Ancienne ministre de la Santé

"Je dois dire qu'aujourd'hui c'est une excellente opportunité pour moi de m'expliquer et de rétablir la vérité des faits. Et je ne laisserai pas salir l'action du gouvernement, ou mon action en tant que ministre alors que nous avons fait tant pour préparer ce pays à une crise sanitaire mondiale dont je rappelle qu'elle dure encore", a déclaré Agnès Buzyn à la presse à son arrivée à la CJR.

Agnès Buzyn a été nommée en janvier dernier envoyée du directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour les affaires multilatérales.

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