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Goldman Sachs: "Le récent rally des actions a été trop rapide"

A un "bear market" a succédé rapidement un "bull market". Un peu trop rapidement, selon Goldman Sachs. ©Bloomberg

A court terme, la volatilité boursière pourrait persister. L'indice américain S&P 500 pourrait toutefois terminer l'année à 3.000 points, soit une hausse de 8% par rapport au niveau actuel.

Le récent rebond des marchés boursiers est allé " too far, too fast ". Ce sont les mots de Peter Oppenheimer, le chief global equity strategist de Goldman Sachs, qui s’est adressé jeudi à la presse lors d’une téléconférence.

Dans un premier temps, dans le cadre de cette crise liée au Covid-19, l’indice boursier américain S&P 500 a plongé de 34%, se retrouvant dans un profond marché baissier. Ensuite, en l’espace de quelques semaines, l’indice a connu un rally haussier de 25%, les investisseurs affichant leur optimisme à la suite de signes de décélération de la propagation du virus et des mesures monétaires et budgétaires destinées à contrer la crise. La tendance a été globalement similaire pour les indices européens.

"Les risques à la baisse sont toujours présents. La volatilité boursière va persister."
Peter Oppenheimer
Goldman Sachs

Selon Peter Oppenheimer, on est allé " trop loin, trop vite ". Les risques à la baisse sont toujours présents à court terme. La volatilité va persister et certains résultats d’entreprises ou les chiffres économiques pourraient encore décevoir. Ce qui explique d'ailleurs la séance boursière chahutée de mercredi. Mais lors de la seconde partie de l'année, les choses pourraient se calmer, ce qui permettrait à l'indice S&P 500 de terminer l'année à 3.000 points, soit une hausse de 8% par rapport aux niveaux actuels. 

Choc très sévère

"Ce que nous connaissons aujourd’hui, c’est un choc économique d’une sévérité inégalée", constate Peter Oppenheimer. Pour les économies avancées, le Produit intérieur brut  (PIB) devrait chuter de 11% au deuxième trimestre, ce qui est quatre fois plus élevé que lors de la crise financière de 2008.

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Le taux de chômage pourrait grimper à 15% aux États-Unis et à plus de 20% dans certains pays européens, comme l’Espagne. Pour l’année dans son ensemble, le PIB de la zone euro devrait se contracter de 9% et celui des États-Unis de plus de 6%. " Ce sont des chutes bien plus importantes que lors de toutes les récessions de l’après-guerre " souligne le stratégiste.

Si la propagation du Covid-19 ralentit et si l’activité économique peut redémarrer, Goldman Sachs envisage, selon une configuration en V, un rebond du PIB au cours de la deuxième partie de l’année qui se confirmera ensuite en 2021, où la firme table sur un chiffre de croissance de +5,5% aux États-Unis et de +7,8% dans la zone euro.

Secteurs gagnants

"Si le nombre d’infections ralentit, cela donnera davantage confiance aux investisseurs. Les mesures prises par les banques centrales ont par ailleurs réduit le risque systémique. C’est la réduction de ces risques extrêmes (tail risks) qui explique la récente hausse des actions."   

"Les secteurs gagnants sont surtout les valeurs pharmaceutiques et toutes les sociétés qui permettent de travailler à distance."
Peter Oppenheimer

Les secteurs gagnants actuellement sont surtout les valeurs pharmaceutiques et toutes les sociétés qui permettent de travailler à distance (télécoms). "Le secteur technologique reste très attrayant", dit-il. Plus généralement, dans un contexte de croissance faible et de taux faibles, il insiste sur les sociétés qui disposent d’un solide bilan et qui peuvent générer des cash flows stables et verser des dividendes attrayants.  

Pour Andrew Wilson, responsable des obligations chez Goldman Sachs, il est peu probable que les banques centrales abaissent encore davantage les taux d’intérêt. Si elles doivent intervenir, ce sera via des opérations de rachats d’actifs (QE). À moyen terme, les obligations pourraient être mises sous pression et les taux remonter. Les marchés pourraient en effet être plus attentifs au poids croissant des dettes publiques. Mais ce n'est pas la priorité des marchés pour l'instant. L'important est d'abord de sortir de cette crise...  

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