Houseparty, application anti-confinement ou cheval de Troie?

L'application Houseparty permet des conversations jusqu'à 8 personnes.

L'application de réunion virtuelle Houseparty est l'application star de ce confinement. Elle offre une bulle d'air à ceux en mal de contacts sociaux, les adolescents en tête. Mais à quel prix?

"J’ai un apéro ce soir!" Une phrase qu’on avait presque oubliée. "Un apéro ?" "Oui, 'fin, sur Internet, quoi." Deux minutes plus tard, l'ado s’enferme dans sa chambre, se met à l’endroit le plus cool possible et rejoint ses amis sur l’application Houseparty. Bienvenue dans un monde qui n'existait pas il y a 3 semaines.

Houseparty est clairement l’application star de ce confinement quasi mondial. D’abord chez les adolescents où elle fait un tabac, mais aussi désormais entre collègues et chez les adultes. Pourquoi Houseparty et pas Skype, Zoom ou Teams? Tout simplement parce que ces dernières sont associées au travail. Houseparty, c'est un concept basique de conversations vidéo dans des "rooms" de 8 personnes maximum avec une couche de fun supplémentaire que sont des jeux à jouer à plusieurs. Le reste, c’est de la "hype", une mode et un schéma d'emballement avec comme point de départ les adolescents qui s’en emparent et en font leur point de rendez-vous, jonglant d’une "party" à une autre.

Développée dans la baie de San Francisco par l’équipe à la base de Meerkat, Houseparty a été rachetée en 2019 par Epic Games, les créateurs de Fortnite, un jeu ultra populaire auprès des adolescents. Au début du mois de mars, l’application ne comptait que 2 millions de téléchargements. Aujourd’hui, elle en totalise plus de 10 millions sur le Play Store de Google et encore plus sur l’App Store d’Apple, qui refuse de partager les chiffres exacts.

Quels risques pour les données?

Houseparty a la propriété des conversations faites sur sa plateforme.

Aussi fun soit-elle, cette application commence à inquiéter. En cause, une politique de confidentialité pour le moins laxiste. En téléchargeant Houseparty, l’utilisateur donne accès à son carnet d’adresses. L’application va puiser dans ses contacts, mais aussi dans les contacts Facebook et Snapchat pour essayer d’en trouver d’autres et réunir un maximum de monde sur la plateforme. Habile mais quelque peu intrusif, et elle ne s’arrête pas là. L’application récupère l’adresse IP de l’utilisateur, le numéro d’identification de son appareil, son opérateur et les grands classiques que sont : le nom, la localisation, le genre et les photos.

Plus intrigant, Houseparty a la propriété des conversations faites sur sa plateforme et est "libre d'utiliser le contenu de toutes les communications passées via ses services, dont toute idée, invention, concept ou techniques". Les concepteurs de l’application ont aussi décrété que certaines données ne seraient pas personnelles, sans les définir. Au vu des chiffres de téléchargement quotidien, cela ne refroidit personne pour le moment.

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