ING s'attend à une récession en Belgique

© Wim Kempenaers

La mise en quarantaine de l’Italie devrait provoquer un ralentissement de l’économie belge au cours des premier et deuxième trimestres, indique ING Belgique.

Rome a décidé de mettre l’Italie sous cloche pour lutter contre la propagation du coronavirus. Cette décision pousse l’économie italienne au fond du gouffre et l’économie belge en sentira aussi les effets étant donné que l’Italie est notre sixième marché d’exportation. Au cours des 11 premiers mois de 2019, notre pays a exporté pour 18,4 milliards d’euros de marchandises vers l’Italie. Et de plus en plus d’événements sont annulés dans notre pays.

"Suite aux mesures prises par les autorités italiennes, nous allons une nouvelle fois devoir réduire nos perspectives de croissance", explique Philippe Ledent, économiste chez ING. "Nous n’avons pas encore de pronostic officiel, mais nous pensons que l’économie belge se contractera de 0,1% au cours du premier trimestre et de 0,3% au cours du trimestre suivant."

Jusqu’à présent, Ledent s’attendait à une croissance nulle pour le second trimestre. Les économistes parlent de récession lorsque les activités économiques sont en baisse pendant deux trimestres consécutifs. Ledent s’attend à une reprise à partir du troisième trimestre et pense que l’année 2020 sera mauvaise, avec une croissance d’à peine 0,5%. La semaine dernière, il avait réduit ses estimations pour l’ensemble de l’année à 0,7% de croissance.

Scénario de stress

"Dans un scénario de stress où le virus ne serait pas encore sous contrôle d’ici l’été, l’économie belge devrait afficher une croissance nulle pour l’ensemble de l’année. Nous estimons à 30% la probabilité que ce scénario se réalise."
Annelore Van Hecke

Belfius abaisse également ses prévisions de croissance, mais se montre moins pessimiste. "Notre scénario de base prévoit une croissance de 0,1% au cours du premier trimestre, et une croissance nulle au cours du deuxième trimestre. Nous avons réduit nos estimations de croissance pour l’année 2020 de 1% à 0,7%", précise Annelore Van Hecke. "La confiance des consommateurs et des entrepreneurs est en baisse."

Il y a une semaine, Belfius s’attendait encore à ce que le virus ne fasse sentir ses effets qu’au cours du premier trimestre.

Van Hecke n’exclut pas que la croissance ralentisse davantage. "Dans un scénario de stress où le virus ne serait pas encore sous contrôle d’ici l’été, l’économie belge devrait afficher une croissance nulle pour l’ensemble de l’année. Nous estimons à 30% la probabilité que ce scénario se réalise."

Même son de cloche chez BNP Paribas Fortis et KBC qui évalueront dans les prochains jours leurs perspectives de croissance pour l'économie belge. "Notre nouveau scénario sera plus pessimiste", explique Jan Van Hove, économiste en chef de KBC. Pour l’instant, il s’attend encore à une croissance de 0,8%, tandis que chez BNP Paribas Fortis, on avance le chiffre de 0,7%.

Déficit budgétaire

3
%
En principe, le déficit budgétaire devrait passer à 3% du PIB si la croissance économique reste limitée à 0,7%.

L’important ralentissement de la croissance aura également un impact négatif sur le budget de l’État, étant donné qu’il réduira les recettes fiscales et fera augmenter les dépenses liées au chômage. Vendredi, le gouvernement fédéral a annoncé des mesures pour limiter l’impact de la crise sur notre économie. Les entreprises fortement touchées par le virus disposeront de délais supplémentaires pour s’acquitter du précompte professionnel et des cotisations sociales.

Début février, le Bureau fédéral du Plan avait annoncé un déficit budgétaire de 2,5% du PIB, mais ce scénario se basait sur une croissance de 1,4%. En principe, le déficit budgétaire devrait passer à 3% du PIB si la croissance économique reste limitée à 0,7%.

Si elle baisse à 0,5%, le déficit budgétaire pourrait atteindre 3,1% du PIB, et 3,4% en cas de croissance nulle.

Comité de monitoring

Vendredi, le Comité de monitoring devrait publier un rapport sur les perspectives budgétaires. Mais nous avons appris qu’il ne tenait pas compte du coronavirus étant donné que le Bureau du plan n’a pas actualisé ses perspectives de croissance depuis début février.

Lire également

Publicité
Publicité