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Innover pour relancer la machine scolaire

Les inégalités entre enfants se creusent.

Six mois sans contact avec l'école, c'est très long. La ministre francophone de l'Éducation, Caroline Désir, ne le cache pas: un retour en classe, même pour quelques semaines, aurait du sens. Bien entendu, la santé des enseignants et des élèves reste la priorité absolue. Mais à lui seul, le critère sanitaire ne peut empêcher une réflexion profonde sur l'opportunité de reprendre les cours.

Effective depuis le 16 mars, la suspension des leçons dans les établissements scolaires a des conséquences incontestables. En confinement, les inégalités entre les enfants se creusent. Toutes les familles n'évoluent pas dans les mêmes conditions et la rupture avec l'école prive certains jeunes de contacts sociaux parfois salutaires à leur équilibre. Bien que l'enseignement à distance progresse, il laisse certains jeunes sur la touche. Pour ces élèves, le décrochage scolaire guette, quand il n'est pas déjà une réalité.

Une réouverture des écoles serait bénéfique, de manière collatérale, à un redémarrage de notre économie.

Des pistes pour une reprise progressive des cours, il en existe: préteaching, horaires adaptés, classes en alternance, leçons en petits groupes ... Soyons créatifs! Combinons le meilleur d'entre elles pour parvenir à une relance, ne serait-ce que limitée, de la machine scolaire. Au-delà de la maximisation des apprentissages qu'elle permettrait et du rôle social qu'elle remplirait, une réouverture serait bénéfique, de manière collatérale, à un redémarrage de notre économie.

Les recommandations du groupe d'experts en charge de l'"exit strategy" (GEES) en matière de santé seront cruciales. Elles permettront d'avoir une vue du champ des possibles. Car des possibles pour une relance, il y en aura. Au Danemark, les plus jeunes ont déjà repris, sous certaines conditions, le chemin de l'école. En Belgique, la réflexion est lancée. Pourquoi diantre n'aboutirait-elle pas?

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