interview

Jan Smets, président de Brussels Airlines: "Le secteur aérien était peut-être déjà un peu en surcapacité"

Jan Smets ©JONAS LAMPENS

En tant qu’ancien gouverneur de la Banque Nationale, le président de Brussels Airlines Jan Smets comprend mieux que quiconque la violence de la tempête que la compagnie aérienne doit aujourd’hui affronter. " Les petits acteurs indépendants auront beaucoup de mal à survivre à une crise de cette ampleur. "

Il suit les négociations de près, mais n’est pas impliqué directement. "Nous faisons tout pour sauver l’entreprise et lui redonner des chances de se redéployer", nous dit Jan Smets. "C’est beaucoup plus sérieux que les dernières crises financières et pétrolières. L’impact est simultané, mondial et gigantesque. Les retombées pourraient être énormes."

Dans ce cas, la réduction annoncée de 25% de la voilure de Brussels Airlines sera-t-elle suffisante?
Cette décision est basée sur des hypothèses. Cette année est sans aucun doute une vraie catastrophe. Mais nous avons estimé – avec l’aide des experts – qu’il était réaliste de penser que nous pourrions revenir à 75% de notre niveau d’activité d’avant la crise. Ce n’est pas rien.

En tant qu’économiste et ancien gouverneur de la Banque Nationale, vous savez sans doute qu’il est trop tôt pour faire de telles hypothèses?
C’est une hypothèse. Deux facteurs continueront à influencer le trafic aérien au cours des années à venir: la portée mondiale de la pandémie, qui ne permettra pas de savoir avec certitude si la maladie est partout sous contrôle, et l’impact de la récession économique. Mais un moment donné, nous disposerons d’un vaccin. Espérons qu’il sera prêt l’année prochaine.

"Je n’ai pas peur de prendre l'avion. Les systèmes de filtration des avions sont très performants."

Ne sous-estimez-vous pas la peur des citoyens? Oseriez-vous prendre l’avion aujourd’hui?
Je n’ai pas peur. Les systèmes de filtration des avions sont très performants. L’air vient de l’extérieur. Et à l’intérieur, il est filtré de la même façon que dans une salle d’opération, disent les experts. Et le flux d’air dans un avion est vertical, et non pas horizontal. En outre, nous porterons tous des masques.

Ne dites-vous pas que le secteur aérien se trouvait déjà en difficulté avant la crise?
Avant la crise du coronavirus, il y a eu, en tout cas, beaucoup de faillites parmi les petites compagnies. Pensez à Air Berlin. Je ne peux que conclure que le secteur était peut-être déjà un peu en surcapacité.

©JONAS LAMPENS

Y a-t-il encore de la place pour un petit acteur comme Brussels Airlines dans ce nouveau paysage? Aux États-Unis, le marché ne compte plus que quelques grands acteurs.
C’est la raison pour laquelle Brussels Airlines fait partie d’un grand groupe: Lufthansa. Cette décision a été prise rationnellement. Pour les petites compagnies qui possèdent quelques avions et qui ne peuvent compter sur un tel appui, il sera difficile de survivre.

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