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Jeholet promet plus de 1.000 ordinateurs aux familles

Pierre-Yves Jeholet ©BELGA

La Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) a embrayé sur la Flandre et se lance elle aussi dans un plan d'équipement pour diminuer la fracture numérique et le risque de décrochage scolaire chez les élèves confinés.

Il y a quelques semaines, le ministre flamand de l’Éducation, Ben Weyts (N-VA), s’était fixé l’objectif de trouver 10.000 ordinateurs portables pour les élèves n'étant pas équipés à la maison d'ici à la fin des vacances de Pâques. Dans le but d’éviter un trop grand décrochage scolaire chez les élèves déjà fragilisés, mais aussi avec l’ambition de lancer les écoles dans le "pre-teaching". C’est-à-dire ne plus se borner à revoir la matière déjà vue avant le confinement, mais permettre aux enseignants de faire de nouveaux apprentissages. Un pas qui a d'ailleurs été franchi lundi. Indispensable, estime-t-on en Flandre, alors que le retour à l’école des élèves – partiel ou non – ne se fera pas avant la mi-mai. Et dans ce cadre, autant s’assurer que tous les élèves puissent raccrocher le train.

D’après les informations de l’ASBL DigitalForYouth, mandatée pour récolter ces ordinateurs, 13.769 portables ont déjà été trouvés. Tous n’ont pas encore atterri dans les foyers. Environ 3.000 sont inutilisables. A ce stade, 6.130 ont déjà pu être reconditionnés et livrés (aux frais de la Communauté flamande).

1.000 ordinateurs en FWB

Mais du côté francophone, qu’en est-il? "Un marché public a été lancé pour l’acquisition de plus de 1.000 ordinateurs reconditionnés, explique-t-on au cabinet du ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), Pierre-Yves Jeholet. La procédure est en cours et devrait aboutir dans les prochains jours. Une fois les ordinateurs acquis, il faudra encore déterminer comment les répartir entre les élèves qui en ont le plus besoin."

"Une fois les ordinateurs acquis, il faudra encore déterminer comment les répartir entre les élèves qui en ont le plus besoin."
Le cabinet Jeholet

La tâche ne sera pas aisée. La fracture numérique au sud du pays est en effet bien plus importante qu'en Flandre. Au nord, on estime entre 1 et 2% le nombre d’élèves ne disposant pas d’ordinateur à la maison. Côté francophone, on parle de 15% d’élèves non-connectés, d’après le Segec (secrétariat de l’enseignement catholique). 95% disposent d'un GSM, mais l'outil reste limité dans le cadre des apprentissages.

Les PO prennent la main

Au-delà de ces 1.000 ordinateurs, d’autres initiatives sont prises sur le terrain pour venir en aide aux élèves. "Les écoles peuvent faire appel à des ASBL pour avoir des ordinateurs en prêt, explique le Segec. Des machines sont aussi parfois aussi disponibles au sein des établissements, et peuvent être prêtées. Enfin, pour les situations les plus difficiles, les écoles pourraient aussi ouvrir leurs classes informatiques, en permettant l’accès aux ordinateurs dans le respect des normes de distanciation sociale", dit encore le Segec. C’est un message que l’on porte vers les écoles."

Sur le terrain, certaines initiatives voient concrètement le jour. Comme à Bruxelles, où l’ASBL Molengeek a aidé à mettre à disposition environ 200 portables pour les élèves des écoles bruxelloises, avec une connexion Wifi en prime.

Offrir un meilleur équipement permettra surtout aux écoles francophones de maintenir un contact avec tous les élèves par vidéoconférence. Car de nouveaux apprentissages, à ce stade il n'en est pas encore question. "C’est important pour pouvoir répondre aux questions des élèves et leurs inquiétudes, garder une dynamique de classe et préciser les directives quant au travail effectué", dit le Segec. D’après une enquête réalisée auprès durant les premières semaines de confinement, 92% des écoles ont développé de nouvelles pratiques numériques. "Les 8% qui ne l’ont pas fait ont pointé l’insuffisance d’équipement des familles, des établissements ou le manque de formation des enseignants". C’est ce gap là qu’il faudra combler si on veut garder les élèves dans le bain – mais à la maison – jusqu’à la fin de l’année scolaire.

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