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Julien Nicaise: "Sur le plan psychologique, le contact avec l'école est important"

Selon les écoles, entre 45% et 90% des élèves attendus lundi seront présents, estime le patron du réseau WBE Julien Nicaise. ©BELGAIMAGE

L'administrateur général du réseau WBE (les écoles du réseau officiel de la FWB) fait le point sur la reprise des cours lundi. La plupart des écoles du réseau seront ouvertes, mais il s'attend à ce que la moitié seulement des élèves soient présents.

Combien d’écoles seront ouvertes lundi, combien d’élèves seront là, y aura-t-il des masques? Voilà le flot de questions auquel nous avons confronté le nouveau patron du réseau WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), à quelques jours de la réouverture des écoles. Julien Nicaise a pris ses fonctions en plein confinement. Un démarrage sur les chapeaux de roue. L’homme s’est retrouvé pris avec la gestion de la crise du Covid et son impact dans les écoles: fermeture, organisation de garderies et maintenant réouverture (très) partielle.

Avec nous, il fait le point. Dans le réseau libre catholique, le Segec a déjà conseillé aux directeurs d’attendre mardi pour accueillir les élèves. La faute aux masques, qui se font attendre. Et dans le réseau officiel, qu’en est-il? "Sur nos 500 établissements, on a l’assurance que les choses se passeront bien dans 90% des cas", nous dit le patron de WBE. "Pour peu qu’ils reçoivent les masques et le gel hydroalcoolique", nuance-t-il... "Je ne mets pas de prime à ceux qui rouvrent les premiers. Certaines écoles ont déjà planifié leurs cours d’office mardi et mercredi. La date du 18 est finalement très symbolique… " Julien Nicaise se veut rassurant: les masques doivent arriver ce vendredi dans les points de distribution pour être dispatchés dans les écoles durant le week-end.

14.000
élèves
Le réseau WBE attend 14.000 élèves pour la rentrée de lundi, soit environ la moitié des effectifs.

À partir de ce lundi, seuls les élèves de 6e primaire et de dernière année en secondaire (6e et 7e année) reprendront le chemin de l’école, pour deux jours par semaine. Tous les appelés ne viendront pas. "Selon les écoles, on a un taux de présence variant entre 45 et 90%. Pour le réseau WBE, on attend donc environ 14.000 élèves (présence en garderie comprise)." Au total, rappelons que 120.000 élèves sont attendus, tous réseaux confondus. "Le réseau WBE n'en représente que 20%", dit Julien Nicaise.

Le lundi 25, ce sera au tour des élèves de 1ère et 2e primaire, et ceux de 2e secondaire de revenir en classe. Pour cette deuxième phase, Julien Nicaise est moins optimiste. "C’est là que les difficultés risquent de se poser. Certains établissements, du fait de leur petite taille, ne pourront pas accueillir tout le monde. Notamment en raison du risque d’afflux d’enfants dans les garderies. Ce sera au cas par cas, un monitoring sera fait." Le nombre d’enfants dans les garderies a déjà doublé depuis lundi, on en compte environ 700. "Il est probable que cela continue d’augmenter, des écoles se retrouveront avec trop d’enfants au regard des normes de sécurité et de distanciation sociale."

Une énergie pas inutile

Au final, cela fera beaucoup d‘énergie dépensée pour peu de retour en classe, et quelques journées de cours (on en compte une dizaine d’ici fin juin). "Oui, mais je pense que c’était vraiment nécessaire pour les enfants et les adolescents livrés à eux-mêmes. Sur le plan psychologique et relationnel, le contact avec l’école, c’est important. J’ai toute la compréhension du monde pour les parents qui ne veulent pas remettre leur enfant à l’école. Mais il faut aussi penser aux parents qui sont en difficulté."

Julien Nicaise rappelle que c’est l’ensemble de la société qui se déconfine. "Il est important que l’école embraye, et que l’on réapprenne à vivre", dit-il. Cette reprise, même partielle, il la voit aussi comme une bonne préparation à la rentrée de septembre. "On sera alors plus à l’aise après avoir franchi ce cap."

"Il est important que l’école embraye, et que l’on réapprenne à vivre."
Julien Nicaise
Administrateur général du réseau WBE

Ces retours par vagues laisseront pourtant toute une série d’élèves sur le carreau. "Il n’y aura plus de conseil de sécurité avant début juin. Je peux me tromper, mais j’en déduis que les autres ne reviendront plus à l’école", admet Julien Nicaise. Qu’adviendra-t-il de leur sort? Le travail à distance se poursuivra pour eux, toujours sur le mode remédiation-consolidation-dépassement. Pendant 4 mois, n’est-ce pas un peu long? "On peut faire de la consolidation intelligente", glisse Nicaise... Il admet que des questions se posent, en termes d’inégalités, pour les publics plus démunis. "Et c’est pour cela aussi que le retour en classe est important. Après le 25 mai, les écoles auront aussi la possibilité d’accueillir les élèves en difficulté", rappelle-t-il.

Cette année 2019-2020 sera-t-elle au final une année perdue? Pour le patron du réseau WBE, non. "Sur toute une scolarité, ces trois mois ne changeront pas grand-chose." Les élèves n’auront-ils pas trop de pression en septembre? "Il s’agira d’y prendre garde. Il faudra, à la rentrée, consacrer du temps à la remédiation, et avoir un regard attentif sur les élèves en difficulté."

La Fédération Wallonie-Bruxelles va distribuer plus de 2 millions de masques

La Fédération Wallonie-Bruxelles va distribuer près de 2,15 millions de masques, dont 1,8 million pour l'enseignement obligatoire, supérieur, spécialisé et de promotion sociale. Dans l'enseignement obligatoire, qui prépare la reprise partielle des cours pour lundi, ce sont près de 850.000 masques qui vont être distribués le week-end prochain, dont 600.000 masques et 250.000 en tissu.

"Suite au retard d'une des firmes qui ne fournira les 300.000 masques en tissu initialement prévus que lundi prochain, un accord a pu être trouvé en urgence avec le ministre fédéral, Philippe De Backer, pour que la Fédération rachète 600.000 masques jetables à un fournisseur du gouvernement fédéral ainsi qu'avec la Communauté germanophone qui a fait don de 50.000 masques en tissu supplémentaires à la Fédération Wallonie-Bruxelles", explique le gouvernement.

Les masques jetables sont des masques chirurgicaux déclassés pour une utilisation en milieu médical mais qui ont été testés et approuvés par l'Agence fédérale du médicament. Cet apport permettra à tous les enseignants et à tous les élèves, qui rentreront ce lundi 18 mai, de pouvoir bénéficier de masques de protection, assure le gouvernement.

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