analyse

KBC et ING suspendent le versement de leur dividende

ING et KBC ont annoncé se plier à la demande de la BCE de ne pas verser de dividendes. ©IMAGEGLOBE

KBC et ING ont annoncé ce lundi qu'elles ne verseront pas de dividende à leurs actionnaires avant le 1er octobre, suivant ainsi la demande de la BCE. Belfius et BNP Paribas doivent se prononcer prochainement.

Vendredi dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a demandé aux établissements financiers de la zone euro de ne pas verser de dividendes à leurs actionnaires pour les exercices 2019 et 2020, ni de procéder à des rachats d'actions propres avant le 1er octobre prochain au plus tôt. 

30
milliards d'euros
Le renoncement aux dividendes dans le secteur bancaire devrait dégager quelque 30 milliards d'euros dans la zone euro.

Par cette requête, l'institution francfortoise entend évidemment encourager les banques à conserver le maximum de fonds pour faire face à l'épidémie de coronavirus, et à la très probable récession qui s'ensuivra. "Ce capital conservé au lieu d'être distribué pourrait être utilisé "pour soutenir les ménages, les petites entreprises et les entreprises emprunteuses" et aussi "absorber les pertes sur les expositions existantes sur ces emprunteurs", a expliqué la BCE dans son communiqué.

De cette manière, la BCE affirme vouloir faire participer les actionnaires des banques à "l'effort collectif" contre la pandémie. Selon Andrea Enria, président du Conseil de surveillance prudentielle de la BCE, ce renoncement aux dividendes devrait dégager une enveloppe de quelque 30 milliards d'euros de capitaux dans le secteur.

Un montant qui viendrait s'ajouter à l'assouplissement des exigences en termes de fonds propres s'élevant à quelque 120 milliards d'euros. Une mesure qui doit permettre d'octroyer pas moins de 1.800 milliards d'euros de prêts supplémentaires. 

Approche prudente

En Belgique, KBC a annoncé ce lundi se plier à cette demande. Le bancassureur avait annoncé en février son intention de verser un dividende brut final de 2,5 euros par action et le rachat d'un maximum de 5,5 millions de ses propres actions.

Ce lundi, KBC Group indiquait que son conseil d'administration y avait renoncé. "Nous estimons que les institutions financières doivent aussi faire preuve de solidarité et nous voulons prendre nos responsabilités pour aider à résoudre la crise", a commenté Johan Thijs dans un communiqué de presse. 

"Nous estimons que les institutions financières doivent aussi faire preuve de solidarité et nous voulons prendre nos responsabilités pour aider à résoudre la crise."
Johan Thijs
CEO KBC

Comme le reste du secteur financier, l'action KBC s'est écroulée depuis le début de la pandémie, mais l'enseigne, qui se veut toujours "prudente", rappelle que son ratio de solvabilité CET1 s'établit à 17,5% tandis que ses ratios de liquidité SFR et LCR étaient respectivement de 136 % et 138 % fin 2019. 

Aux Pays-Bas, ING a également décidé de suivre la recommandation de la BCE et de s'y tenir jusqu'à l'automne prochain. "Ce sont des moments exceptionnels pour nous tous. Nous sommes bien capitalisés et financés et nous voulons offrir un rendement attractif à nos actionnaires. Mais il est maintenant raisonnable de suivre les recommandations de la BCE en matière de dividende pour les banques européennes", a déclaré le patron d'ING, Ralph Hamers.

Décisions en attente

La décision doit encore tomber au sein des deux autres grandes banques belges. Belfius, qui est détenue à 100% par l'Etat fédéral via la SFPI, tient un conseil d'administration ce jeudi.

Dans un entretien publié par L'Echo samedi, Marc Raisière, le CEO du bancassureur, indiquait que ce n'était pas à lui de se prononcer sur cette question. Il estimait cependant que le CA s'est toujours montré raisonnable et devrait rester prudent.

Plus tôt ce mois-ci, BNP Paribas Fortis avait signalé lors de la présentation de ses résultats proposer un dividende final de 3,53 euros par titre, soit un peu moins de 90% des bénéfices de la banque. Son unique actionnaire est le groupe BNP Paribas, dont l'assemblée générale se tiendra le 19 mai prochain. L'Etat fédéral belge est le plus gros actionnaire individuel du groupe parisien avec 7,7% des parts. 

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