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L'Allemagne est entrée en récession

Volskwagen, qui avait annoncé la reprise de sa production fin avril a du de nouveau mettre ses chaîne à l’arrêt début mai, faute de débouchés. ©AFP

L’Allemagne est entrée en récession au premier trimestre, dans le sillage de la crise du coronavirus. Le PIB du pays a reculé de 2,2%. Les perspectives sont mitigées.

Sans surprise, l’Allemagne est entrée en récession au premier trimestre, avec la crise du coronavirus. Le PIB du pays a chuté de 2,2% sur les trois premiers mois de l’année, le pire résultat depuis la crise financière de 2008-2009 et le deuxième plus mauvais résultat depuis la Réunification de 1990. Il aura suffi de deux semaines de confinement fin mars pour précipiter la première économie de la zone euro dans le rouge. "Et ce n’est pas fini", résume Carsten Brzeski, économiste de la banque ING. Les principaux instituts d’analyse de la conjoncture estiment que sur l’ensemble de l’année, le PIB allemand devrait reculer de 10%, tandis que le gouvernement mise sur un recul moins sévère de 6,3%.

Tous les indicateurs sont passés au rouge en l’espace de quelques semaines. Les recettes fiscales devraient chuter cette année de 100 milliards d’euros, de 300 milliards d’ici 2024, selon des estimations officielles publiées jeudi par le ministère des Finances. En un mois, de mars à avril, le chômage a progressé à 2,644 millions de chômeurs, soit 380.000 personnes de plus à la recherche d’un emploi tandis que le nombre de personnes au chômage partiel est passé à 10,1 millions de personnes.

"Avec de la chance, l’Allemagne sera la première à se redresser en Europe et elle pourra alors profiter de la reprise de la demande en Asie."
Carsten Brzeski
économiste chez ING

Mais ce sont surtout les exportations et l’industrie qui inquiètent les autorités, alors que la production industrielle a reculé de 9,2% en mars et même de 97% pour l’industrie automobile, l’un des moteurs de l’industrie germanique. Volkswagen, qui avait annoncé la reprise de sa production fin avril a dû de nouveau mettre ses chaînes à l’arrêt début mai, faute de débouchés. Quant à la machine-outil, second pilier de l’industrie, 80% des entreprises du secteur disent sentir sur leur production les répercussions de la crise.

L’Allemagne pourtant s’en sort mieux que ses voisins. "Le pays a eu la chance d’être touché par la crise alors qu’il allait plutôt bien", résume Carsten Brzeski. "Le gouvernement a adopté des mesures d’aide colossales pour les entreprises (1.100 milliards d’euros d’aides et de crédits, NDLR). Avec de la chance, l’Allemagne sera la première à se redresser en Europe et elle pourra alors profiter de la reprise de la demande en Asie." Début mai, la compagnie Duisport, qui gère le port fluvial de Duisbourg, plaque tournante ferroviaire entre l’Europe et la Chine, annonçait une hausse du trafic vers la Chine avec 50 trains marchandises par semaine, au lieu de 35 à 40 avant la crise. "La prochaine étape", insiste Carsten Brzeski, "ce sera un plan d’investissement. Si juste après la crise, l’Allemagne voulait revenir à l’équilibre budgétaire, alors la crise s’éterniserait." Berlin a déjà annoncé la présentation prochaine d’un plan de relance. Le gouvernement prévoit un rebond dès 2021, avec une croissance attendue de 5,2%.

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