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L'app anti-corona, un flop à la belge

La Belgique n'aura pas d'application de contact tracing.

Des semaines de travail et de négociations pour finalement renoncer à une application fédérale de contact tracing. A la place, une solution hybride à base de call centers et d’enquêteurs dont le coût s’annonce élevé et l’efficacité discutable.

Si l’application en elle-même a donné lieu à de nombreux débats dans les médias, la sphère publique et encore ce mardi à la Chambre, c’est tout à fait légitime. La démocratie est ainsi faite. Ces mécanismes de discussions ont pour unique but que le projet final ne porte atteinte qu’au minimum à la liberté individuelle, et se fasse de manière pondérée et avec toutes les garanties quant à la protection des données. Le débat a été vif mais sain. Il a pourtant refroidi l’ensemble des responsables politiques. En refusant de communiquer sur le sujet, le gouvernement fédéral a laissé les spéculations sécuritaires prendre le dessus sur l’objectif de santé publique.

Assumer une application de contact tracing semble être un fardeau qu’aucun responsable politique n’a voulu s’infliger au moment ou l’unité nationale s’effrite.

Assumer une application de contact tracing semble être un fardeau qu’aucun responsable politique n’a voulu s’infliger au moment où l’unité nationale s’effrite. Le cabinet du ministre De Backer n’est pas le seul qu’il faut pointer du doigt dans ce dossier. Les régions se sont elles aussi refusées à assumer ce choix de peur d’être associées à une application qui pouvait potentiellement porter atteinte à la vie privée des citoyens. Sans oublier le retour du communautaire lors des négociations. Choisir une application flamande ou wallonne? Franchement, quelle importance tant qu’elle fonctionne et respecte un cadre légal qui protège le citoyen?

Soyons très clair, une application de contact tracing, ce n’était pas la panacée en matière de lutte contre le coronavirus. Ce n’est qu’un élément, certes essentiel, d’une stratégie globale de déconfinement. Tout de même, la gestion de ce dossier donne une nouvelle fois une impression d’amateurisme.

La Belgique fait donc le choix de se priver d’un outil technologique qui peut sauver des vies par manque de courage politique.

 

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