L'aviation sera l'un des secteurs prioritaires à sauver, si pas le premier

Brussels Airport, sain financièrement, souhaite que les pouvoirs publics l'aident sur le plan administratif lorsque l'activité reprendra. ©EPA

Aéroports, compagnies aériennes, prestataires de services ont été prévenus: leurs demandes d’aides seront analysées au plus vite. Que les dossiers se préparent donc sans tarder.

Huit groupes d’experts vont se pencher sur le sauvetage de l’économie belge, dont trois ciblent un groupe précis. Parmi ceux-ci, celui consacré aux grandes entreprises, sous la houlette de Koen Van Loo, administrateur délégué de la SFPI. Il nous revient que celui du transport aérien arriverait en premier sur la table. Il y a en effet urgence, à la fois pour les compagnies aériennes qui auront besoin de 200 millions d’euros (Brussels Airlines) et 150 millions (TUI); pour les sociétés de manutention (20 millions pour Swissport; 15 millions pour Aviapartner); pour la maintenance (Sabena Aerospace) et on en passe.

"Nous ne demandons pas d’argent, mais qu’on aide le secteur qui nous fait vivre."
Arnaud Feist
CEO de Brussels Airport

Les industriels de l’aéronautique sont-ils pour autant écartés des dossiers prioritaires? L’un d’eux nous a dit garder le contact avec la SFPI et qu’une garantie d’État auprès des banques est toujours envisageable. Mais quelle sera la limite dans le temps? Septembre 2020? Un an? Rien n’est figé. Quant à l’aéroport de Bruxelles, on sait que sa position financière est saine. "Nous ne demandons pas d’argent, mais qu’on aide le secteur qui nous fait vivre", insiste Arnaud Feist, CEO de Brussels Airport. Il ajoute au passage qu’il lui faudra un soutien de l’administration au moment de la reprise des activités, "pour éviter la paperasserie et les décisions opérationnelles".

Sous quelle forme?

Quel sera le timing de la "Task Force" de l’ERMG (Economic Risk Management Group) présidée par Koen Van Loo pour les grandes entreprises? Pour un acteur du secteur à Bruxelles, "il n’y a pas photo, l’aide doit arriver en avril, sinon des faillites sont à craindre". Mais des questions se posent quant à Brussels Airlines, à 100% aux mains de Lufthansa. Faut-il aider Lufthansa?

"Il n’y a pas photo, l’aide doit arriver en avril, sinon des faillites sont à craindre."
Un acteur du secteur aérien à Bruxelles

"Les Pays-Bas aident KLM aux mains des Français; voyons ici qui nous employons!", argumente Wencke Lemmes, porte-parole de la compagnie: "Notre enjeu, c’est aussi celui de l’économie belge et à ceux qui disent qu’il ne faut pas aider les sociétés en difficulté, j’ajouterais qu’avec le plan 'reboot', nous avons bien remonté la pente."

Maintenant, si l’État investit dans Brussels Airlines, sous quelle forme cela se traduira-t-il? Un prêt? Une entrée minoritaire dans le capital? Il sera intéressant de voir la réaction de la Lufthansa. On n’en est pas là. Le dossier aérien est-il à la porte du "16"? Toujours prudent, Stéphane Burton (CEO de Sabena Aerospace) nous confie (enfin…): "Tout ce que je peux vous dire est que les banques avec lesquelles je traite m’ont demandé de 'préparer' l’outil. Traduction: je dois préparer mes dossiers et c’est ce que je fais."

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