L'économie belge vulnérable à la quarantaine italienne

L'économie italienne va inévitablement souffrir de cette quarantaine inédite. De même que l'économie européenne, et donc celle de la Belgique... ©REUTERS

Notre économie est très exposée à l'Italie. Les Affaires étrangères ont modifié les conseils aux voyageurs et déconseillent désormais les voyages non-essentiels dans les zones touchées par le coronavirus.

Les mesures draconiennes prises par le gouvernement italien contre la propagation du coronavirus ne vont pas seulement saper l'activité économique en Italie. Elles ont également des conséquences importantes pour la Belgique et le reste de la zone euro.

5%
des exportations belges
Les exportations vers l'Italie représentent 5 % du total des exportations belges.

Première conséquence concrète: les voyages en Italie vont devenir plus difficiles. Le SPF Affaires étrangères a modifié ses conseils aux voyageurs dès ce dimanche.

La Belgique a des liens économiques étroits avec l'Italie. Notre pays a exporté pour 18,4 milliards d'euros de marchandises vers l'Italie au cours des onze premiers mois de 2019. Cela représente 5 % du total des exportations belges.

L'Italie est le sixième plus grand marché, après l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et les États-Unis. Notre pays vend principalement des produits pharmaceutiques et chimiques en Italie.

3,6%
des importations belges
Lors des onze premiers mois de 2019, la Belgique a importé pour 12,8 milliards d'euros de marchandises en provenance d'Italie. Cela représente 3,6 % du total des importations

Au cours de la même période, la Belgique a importé pour 12,8 milliards d'euros de marchandises en provenance d'Italie. Cela représente 3,6 % du total des importations. Notre pays a ainsi enregistré un excédent commercial de 5,6 milliards. Les flux commerciaux avec l'Italie risquent de diminuer fortement car la quarantaine paralyse le cœur économique de ce pays.

Investissements

Des entreprises belges ont également investi dans des entreprises italiennes. Ces investissements s'élevaient à 8,3 milliards d'euros en septembre, selon les chiffres de la Banque nationale de Belgique. L'inévitable récession en Italie réduira presque certainement la valeur de ces investissements.

Le secteur financier est également vulnérable. En juin, Dexia avait une exposition de 21,2 milliards d'euros sur l'Italie. L'État belge détient un peu plus de 50 % des actions de Dexia. Le reste est entre les mains du gouvernement français. L'ampleur de l'exposition de l'ensemble du secteur bancaire belge n'est pas très claire.

Selon la Banque des règlements internationaux, les banques belges avaient une créance de 5,9 milliards de dollars sur l'Italie en septembre. Mais ce montant est considérablement sous-estimé. Il ne tient pas compte des créances de BNP Paribas Fortis et d'ING Belgique. Ces créances sont incluses dans les chiffres de la France et des Pays-Bas, où sont situées les banques mères BNP Paribas et ING.

Reste de l'Europe

Comme l'Italie est la troisième économie de la zone euro, l'ensemble de l'union monétaire sera également touché par la quarantaine italienne. Dans le secteur financier, les banques françaises sont les plus exposées, avec une exposition de 334 milliards de dollars. BNP Paribas et le Crédit Agricole ont des activités importantes en Italie. Les banques allemandes (88 milliards de dollars) et espagnoles (74 milliards de dollars) ont également des expositions importantes sur l'Italie. 

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Voyages à l'étranger suspendus, événements annulés, activité ralentie: la propagation du nouveau coronavirus affecte de plus en plus la vie quotidienne des Belges, inquiets, mais aussi l'économie dans son ensemble.

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