L'EMA "n'a pas encore abouti à une conclusion" sur le vaccin AstraZeneca

Au Royaume-Uni, il y a eu 30 cas de thrombose atypique et 7 décès sur un total de 18,1 millions de doses du vaccin AstraZeneca administrées au 24 mars. ©REUTERS

L'Agence européenne des médicaments a déclaré ce mardi encore étudier si le vaccin AstraZeneca était lié à des thromboses. Un haut responsable a affirmé qu'il existait un lien.

"Nous pouvons désormais le dire, il est clair qu'il y a un lien avec le vaccin. Ce qui cause cette réaction, cependant, nous ne le savons pas encore", a indiqué Marco Cavaleri, responsable de la stratégie sur les vaccins à l'Agence européenne des médicaments (EMA), dans une interview au quotidien italien Il Messaggero publiée ce mardi. Une sortie explosive, en pleine enquête de l'agence sanitaire européenne sur de possibles liens entre le vaccin anti-Covid d'AstraZeneca et le développement de caillots sanguins chez des personnes vaccinées. "Pour résumer, dans les prochaines heures, nous dirons qu'il y a un lien, mais nous devons encore comprendre comment cela se produit", a expliqué M. Cavaleri.

L'EMA a toutefois tenu à clarifier les choses dans l'après-midi. Le comité de sécurité de l'agence basée à Amsterdam "n'a pas encore abouti à une conclusion et l'examen est actuellement en cours", a souligné l'EMA dans un communiqué à l'AFP.

La balance risque/bénéfice continue de peser "largement" en faveur du vaccin anti-Covid d'AstraZeneca, a pour sa part déclaré l'OMS en fin d'après-midi.

"Parmi les personnes vaccinées, il y a un nombre de cas de thromboses cérébrales chez les personnes jeunes supérieur à ce à quoi nous nous attendrions."
Marco Cavaleri
Responsable de la stratégie sur les vaccins à l'EMA

Depuis quelques semaines, des suspicions sont apparues sur de possibles effets secondaires graves, mais rares, du vaccin d'AstraZeneca, après l'observation chez des personnes vaccinées de cas de thrombose atypique. Des dizaines de cas ont déjà été recensés, dont plusieurs se sont soldés par un décès. Au Royaume-Uni, il y a eu 30 cas et 7 décès sur un total de 18,1 millions de doses administrées au 24 mars.

De nombreux États membres ont suspendu par la suite leur utilisation par précaution. La suspension est notamment toujours en vigueur en Norvège et au Danemark. La Belgique, quant à elle, a décidé de poursuivre la vaccination avec AstraZeneca, jugeant que les avantages l'emportaient sur les risques.

Un avis attendu cette semaine

Mi-mars, l'EMA avait rendu un avis dans le même sens, jugeant le vaccin d'AstraZeneca "sûr et efficace" et soutenant qu'"aucun lien causal avec le vaccin n'est prouvé", même s'il est "possible". Pourtant, le Comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) de l'EMA doit se réunir à nouveau sur ce dossier à partir de ce mardi juqu'au 9 avril. Une décision à ce sujet devrait être annoncée mercredi ou jeudi.

Face à ces potentiels effets secondaires, plusieurs pays ont décidé de ne plus administrer ce vaccin en dessous d'un certain âge.

"Nous cherchons à obtenir un tableau précis de ce qui se passe, à définir de manière précise ce syndrome dû au vaccin. Parmi les personnes vaccinées, il y a un nombre de cas de thrombose cérébrale chez les personnes jeunes supérieur à ce à quoi nous nous attendrions. Cela, nous devrons le dire", avait déclaré Marco Cavaleri.

La Belgique décidera mercredi

Pour Paul Hunter, spécialiste en microbiologie médicale de l'université d'East Anglia, "les éléments de preuves penchent plutôt dans le sens que le vaccin Oxford-AstraZeneca soit bien la cause".

Face à ces potentiels effets secondaires, plusieurs pays, comme la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Slovénie et le Canada, ont déjà décidé de ne plus administrer ce vaccin en dessous d'un certain âge. Chez nous, la conférence interministérielle Santé doit se pencher sur la question mercredi. "La taskforce vaccination a introduit une demande au Conseil supérieur de la Santé. Sur base de cet avis, elle donnera des recommandations à la conférence interministérielle qui aura lieu demain", a souligné mardi Sabine Stordeur, co-responsable de la taskforce vaccination, lors de la conférence de presse du centre de crise.

De son côté, AstraZeneca a assuré en mars qu'il n'y avait "aucune preuve de risque aggravé". Le groupe pharmaceutique suédo-britannique a assuré samedi que "la sécurité des patients" constituait sa "principale priorité".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité