L'ensemble du secteur aéronautique belge tourne au ralenti

Les sites de Sabca à Bruxelles et à Charleroi sont pour l'instant à l'arrêt. ©Photo News

Tous les équipementiers belges ont dû mettre une très grande partie de leur personnel en chômage temporaire.

Toutes les entreprises aéronautiques belges sont quasiment logées à la même enseigne et tournent au ralenti. Chez le motoriste liégeois Safran Aero Boosters, l’activité a été réduite de 80% et une très grande partie du personnel est en chômage temporaire jusqu’au 19 avril.  "Nous n’avons plus que 20% du personnel qui travaillent, soit en télétravail, soit sur le site" indique le CEO François Lepot. C’est ce qui correspond aux besoins à court terme de nos clients. De mon point de vue, il vaut mieux, en l’état de la crise, freiner au maximum et réaccélérer quand on en sortira, plutôt que de travailler à mi-régime."  Une partie des travailleurs restés à Herstal travaillent à la production d’éléments de respirateurs pour les malades du Covid-19 et de visières de protection pour les travailleurs des soins de santé.

Le constructeur bruxellois Sabca reste également ouvert après avoir suspendu sa production. "On essaie maintenant de rendre nos chaînes de production saines et sécurisées, pour les adapter au coronavirus" détaille le patron de l'entreprise, Thibauld Jongen. Une grosse partie de la production a déjà repris à Lummen, spécialisé dans les composites. "Par contre, la situation est plus compliquée à Bruxelles et à Charleroi. Les ouvriers doivent être assez proches. Je dois avouer que la règle de distanciation nous pénalise" déplore-t-il. Pour Thibauld Jongen, si des bouleversements sont à attendre dans l’aviation commerciale, l’impact de la crise est en revanche plus difficile à évaluer dans l’aviation d’affaires, la défense et le secteur spatial.

Les besoins des clients

"Il est important de ne pas stopper la filière dans sa totalité."
Christian Boas
CEO d'Asco

La situation est quasi identique chez Asco à Zaventem: "nous avons arrêté pour nous mettre en conformité stricte" fait valoir le CEO, Christian Boas. "On a mis en place le télétravail et nous reprendrons progressivement mercredi après audit. Nous avions maintenu certaines activités de support à la maintenance, de support à nos clients et quelques adaptations de nos installations" ajoute-t-il. Par contre, les sites allemands, canadiens et américains du groupe ont poursuivi leurs activités en respectant les dispositions sanitaires. "Tout cela se fait en tenant compte des besoins des clients, précise Christian Boas. "Car il est important de ne pas stopper la filière dans sa totalité." 

Enfin, Sabena Aerospace est dans un cas un peu plus particulier. Le support aux compagnies aériennes s’est quasiment arrêté, à l’exception d’Air Belgium, qui organise des rapatriements. "L’activité cargo est de son côté en recul d’environ 10 à 12%, car le marché ne s’est pas encore adapté au niveau de la supply chain", selon le dirigeant de la société Stéphane Burton, qui espère voir le cargo "comme un des axes de redémarrage du transport aérien. L’activité défense n’est quant à elle pas touchée au niveau des volumes, mais à cause des retards dans la logistique et les fournitures."

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