L'épidémie a provoqué un pic d'absentéisme

Celui qui ne se sent pas bien évitera à l'avenir de risquer de contaminer ses collègues. ©KRISTOF VAN ACCOM

Le pic d'absentéisme devrait cependant retomber, à mesure que le télétravail entre dans les habitudes. A l'avenir, venir travailler en étant malade ne se fera plus.

Au cours du mois de mars 2020, 5,8% des jours de travail n’ont pas été prestés pour cause de maladie, contre 3,4% seulement en mars 2019. C’est une hausse de 70% sur un an.

Ce pic d’absentéisme est observé par Acerta, société de services RH, à partir de données fournies par 32.000 employeurs. Il est à mettre sur le compte du coronavirus. L’étude ne porte que sur les absences de courte durée (moins de 30 jours).

"L’époque où venir travailler coûte que coûte était un signe de loyauté est révolue."
Laura Couchard
Juriste chez Acerta

Pour Laura Couchard, conseillère juridique chez Acerta, cet absentéisme record est en lien avec le coronavirus, mais pas uniquement. "Les travailleurs présentant des symptômes du Covid-19 restent bien entendu chez eux afin de combattre la propagation du virus. Toutefois, les travailleurs présentant d’autres symptômes de maladie sont peut-être restés chez eux aussi plus rapidement qu’ils ne l’auraient fait avant cette épidémie. L’époque où venir travailler coûte que coûte était un signe de loyauté est révolue. Il est maintenant primordial d’éviter que les collègues ne tombent malades."

Les vertus du télétravail

Ceci étant, le fait que les travailleurs restent plus rapidement à la maison n’implique pas nécessairement une augmentation de l’absentéisme pour cause de maladie. "Le coronavirus nous a également appris que le travail à domicile peut constituer une solution provisoire, notamment comme mesure de quarantaine pour éviter la contamination", signale Laura Couchard.

Acerta prévoit dès lors que l’absentéisme à court terme atteindra son pic en mars et qu’il diminuera quelque peu dans les semaines et les mois à venir si nous ne connaissons pas de seconde vague de contaminations.

10%
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Le non-marchand a été le plus touché par l’absentéisme, avec 10% des jours de travail perdus.

Les chiffres de maladie de courte durée ne sont pas les mêmes partout. Les grandes entreprises enregistrent une perte de jours de travail d’environ 8% contre 2% pour les petites entreprises. Laura Couchard : "Dans les petites organisations, l’implication dans l’entreprise et l’impact d’une absence sont plus importants. La pression sociale exercée par l’employeur et les collègues pour être présent sera plus forte dans une petite entreprise que dans une grande organisation."

Au niveau sectoriel, le non-marchand a été le plus touché par l’absentéisme, avec 10% des jours de travail perdus. Si le secteur hospitalier a tenu bon, ce sont surtout les maisons de repos et les soins infirmiers à domicile qui ont enregistré les taux d’absence les plus élevés. Cet écart s’explique par les problèmes d’approvisionnement en matériel de protection qui ont davantage touché ces derniers secteurs.

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