"L'épidémie ralentit, mais ne régresse pas encore en Belgique"

Le nombre d'hospitalisations est reparti à la hausse, ce mardi. Au total, la Belgique comptabilisait encore 982 lits Covid-19, équipés d'un respirateur et immédiatement disponibles. ©Photo News

Ce mercredi, le nombre d'hospitalisations dues au Covid-19 est reparti à la hausse, après deux baisses consécutives. Si cela ne constitue pas une bonne nouvelle, d'autres indicateurs se montrent plus rassurants. En attendant, tout relâchement est à proscrire!

Il s’est installé, ce mercredi en fin de matinée, comme une ambiance de lendemain de veille trop arrosé. Une gueule de bois, en somme. À l’origine de ce réveil amer? Le bilan quotidien dressé par le Centre de crise. Début de semaine, une lueur d’espoir avait pointé le bout de son nez: deux jours durant, le nombre d’admissions à l’hôpital pour cause de coronavirus avait chuté en Belgique. Signe d’un décrochage de la tendance exponentielle et du tant souhaité "aplatissement" de la courbe?

1.456
lits équipés d'un respirateur
Mardi, le Centre de crise recensait 1.456 lits équipés d'un respirateur dédiés au Covid-19. Dont 982 immédiatement disponibles. Et en sachant que la capacité totale peut encore être revue à la hausse.

Espoir douché. Parce que, mardi, les hospitalisations sont reparties à la hausse. "Significativement", appuie-t-on au Centre de crise. "Nous n’avons pas encore atteint le pic de l’épidémie; le maintien des mesures de confinement est extrêmement important."

Que disent les chiffres? Mardi, 115 personnes sont sorties de l’hôpital, mais 443 y sont rentrées. Ce qui fait que la Belgique compte 2.152 patients Covid-19, dont 474 sont aux soins intensifs (+93 en 24 heures), parmi lesquels 322 ont besoin d’une assistance respiratoire (+40). Depuis le début des hostilités, 4.937 cas ont été testés positifs (+668) et 178 décès sont à déplorer (+56).

"Encourageant!"

Ô rage, ô désespoir? Pas forcément.

Parce que ces données quotidiennes sont à manipuler avec quelques pincettes. Du retard peut survenir dans la notification des décès. "Des effets d’accumulation ne sont pas non plus à exclure pour les hospitalisations", explique Marius Gilbert, à la tête du laboratoire d’épidémiologie spatiale (ULB).

Comment suivre la progression du virus, sans trop souffrir des aléas de données? En gardant à l’œil, certes, le nombre d’admissions. Ainsi que les patients aux soins intensifs, afin de surveiller la capacité hospitalière en lits équipés de respirateur. Mardi, la Belgique en recensait 1.456, dont 474 occupés. Ce qui en laisse 982 "immédiatement disponibles", en sachant que cette capacité peut être revue à la hausse.

"Le temps de doublement des hospitalisations est actuellement supérieur à trois jours, contre moins de deux jours la semaine passée."
Marius Gilbert
Maître de recherches FNRS, à la tête du laboratoire d'épidémiologie spatiale (ULB)

Il y a, aussi, le temps de doublement. Des hospitalisations, par exemple. "Qui est supérieur à 3 jours, contre moins de 2 jours la semaine passée, pose Marius Gilbert. La propagation de l’épidémie a perdu en vitesse, c’est encourageant. Par contre, elle ne régresse pas encore, ce qui reste problématique." Le taux de reproduction effectif, soit le nombre de personnes que peut contaminer un individu infecté, diminue lui aussi, même s’il reste supérieur à l’unité.

Au rayon "bonnes nouvelles", pointons encore ceci: "Les effets des mesures du 17 mars, soit le confinement plus strict, sont encore devant nous et devraient être visibles dans la semaine qui vient."

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