L'Etat va emprunter plus pour faire face à la crise

Le siège de l'Agence fédérale de la dette, à Bruxelles. ©BELGA

L’Agence de la dette va émettre une nouvelle obligation de référence à moyen terme et augmenter le nombre d'adjudications d'OLO (obligations linéaires).

L'Agence fédérale de la dette a annoncé ce lundi avoir pris plusieurs mesures concernant "à la fois son financement à long et à court terme pour 2020", en réponse à l'augmentation prévue des besoins de financement importants qui résultent de la crise du Covid-19. Cette dernière va aggraver le déficit public et nécessitera d'emprunter plusieurs milliards d'euros de plus que prévu.

La crise va aggraver le déficit public et nécessitera d'emprunter plusieurs milliards d'euros de plus que prévu.

L'Agence va tout d'abord émettre une nouvelle obligation de référence à moyen terme et augmenter le nombre d'adjudications d'OLO (obligations linéaires). Depuis ce lundi, elle a en outre cessé de racheter des OLO arrivant à échéance en 2022. Enfin, l'Agence augmentera son objectif d'émission via les adjudications de certificats de Trésorerie (instruments de dette à court terme).

L'Agence de la dette publiera les besoins de financement et le plan de financement actualisés pour 2020 "dès que possible", c'est-à-dire "une fois que les prévisions budgétaires révisées pour 2020 seront établies". Mais il est acquis qu'il faudra emprunter plusieurs milliards d'euros de plus que prévu. Initialement, le plan de financement 2020 communiqué par l'Agence en décembre dernier prévoyait des besoins de financement de 31,46 milliards d'euros, dont 14,5 milliards ont déjà été levés au cours des deux premiers mois de l'année.

Pas de succès garanti

Pour l’instant donc, il ne s’agit que d’une annonce formulée par l’Agence de la dette. Les contours de la future émission obligataire doivent encore être définis. À ce stade, il n’y a pas de parallèle à dresser avec le fameux "Bon Leterme" de 2011 qui avait rencontré un succès éclatant auprès des épargnants belges.

"Les banques veulent conserver du cash pour répondre à la demande accrue de liquidités de la part des entreprises frappées par la crise."
Koen De Leus
chief economist chez BNPP Fortis

Dans le cas présent, l’État s’adresse d’abord aux investisseurs institutionnels. Traditionnellement, ce sont les banques et les fonds de pension qui achètent des obligations d’État. Ils avaient d’ailleurs particulièrement apprécié les émissions du mois de février. Mais rien ne permet pour l’heure d’affirmer que le succès sera à nouveau au rendez-vous. Koen De Leus, chief economist chez BNP Paribas Fortis, explique pourquoi.

"Les obligations de février offraient un rendement de 0,05% sur dix ans. Si les banques avaient dû s’adresser à la Banque centrale européenne pour écouler leurs excédents de liquidités, elles auraient dû payer 0,5%. Aujourd’hui la situation a quelque peu changé. D’une part, les taux ont encore baissé. L’OLO à dix ans n’offre plus que 0%. D’autre part, les banques veulent conserver du cash pour répondre à la demande accrue de liquidités de la part des entreprises frappées par la crise."

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