L'Europe adopte une carte unique des restrictions sur les voyages

Les voyageurs devraient bientôt y voir plus clair dans les restrictions à la libre-circulation en Europe. ©ZUMAPRESS.com

Les Vingt-Sept se sont mis d'accord pour mieux coordonner leurs restrictions aux frontières face à la pandémie de coronavirus. Une carte unique des zones et des restrictions, avec un code de couleur commun, sera disponible dans les prochaines jours.

Zone verte, orange ou rouge? Quarantaine ou test? Pas facile pour les citoyens européens de se retrouver dans les règles de circulation en Europe en période de coronavirus.

Les États européens suivent des régimes différents, et les cartes nationales ne sont pas mises à jour au même rythme. Pour y remédier, l'Union européenne doit adopter, mardi, une recommandation visant à coordonner les restrictions aux frontières.

Les États restent maîtres de leurs frontières et de leur politique de santé.

Face à la cacophonie qui s'était installée cet été, la Commission européenne avait déposé, le 4 septembre, une proposition afin de coordonner les règles d'ouverture des frontières.

"Dans toute l'UE nous avons des codes de couleur différents et des règles différentes en matière de quarantaine et de test. Nous devons tout simplifier pour que le citoyen y voie plus clair", a estimé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Une nécessité d'autant plus évidente que le coronavirus a déjà touché plus de 6,2 millions de personnes en Europe et causé près de 240.000 morts.

Les ambassadeurs européens ont travaillé d'arrache pied pour obtenir un accord sur cette proposition, que les ministres des Affaires étrangères ou européennes doivent entériner. Mais il n'y a pas de miracle à attendre, l'exécutif européen a œuvré dans les limites de ses compétences. Les États restent maîtres de leurs frontières et de leur politique de santé.

Quatre couleurs

Une carte unique de zones rouges, vertes, oranges et grises devrait remettre de l'ordre dans la communication. Elle sera gérée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et disponible sur le site reopen.eu dans les prochains jours. Un État prévoyant de mettre en place des mesures restrictives vis-à-vis des voyageurs venant ou se rendant vers une zone jugée à risque devra en informer le pays concerné, si possible 48 heures à l'avance. Le public devra aussi être averti, 24 heures avant l'entrée en vigueur de la mesure.

La couleur d'une zone sera déterminée en fonction de trois critères communs: les taux de positivité, de notification et de dépistage.

La couleur verte signifiera l'absence de restriction. Les voyageurs venant d'une zone rouge, orange ou grise pourront se voir imposer des mesures de restrictions, comme une quarantaine.

Il ne devrait plus y avoir de discrimination entre États. Par exemple, si une zone en Allemagne est rouge, elle le sera pour les Belges, comme pour les Autrichiens. Par ailleurs, les voyageurs exerçant un certain nombre de professions essentielles seront exemptés des quarantaines.

La couleur d'une zone sera déterminée en fonction de trois critères communs: les taux de positivité, de notification et de dépistage. "Ces critères seront pondérés pour trouver un équilibre entre les États qui pratiquent des tests systématiques et ceux qui testent la population de manière générale", a dit un haut fonctionnaire européen.

Le taux de positivité sera mesuré sur les tests effectués au niveau national la semaine précédant la transmission des données à l'ECDC. Un formulaire européens unique, à remplir par les voyageurs, sera également mis en place.

Compétences nationales

Les mesures appliquées dans les zones ainsi définies, comme les quarantaines, restent de la compétence nationale. Le secteur du tourisme, touché par les mesures de quarantaine, comme c'est le cas en Irlande, aurait préféré une généralisation des tests. Mais c'est au-delà de la compétence de la Commission. "Nous sommes conscients qu'il faut réduire les restrictions à la circulation en faisant primer les tests de dépistage", reconnaît une source de la Commission.

La Suisse n'apparaîtra pas sur la carte, l'UE et ce pays n'ayant aucun accord de coopération en matière de santé publique.

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