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L'Europe au chevet des industries du tourisme et des transports

Des employés d'agences de voyage manifestaient mercredi à Francfort pour demander des aides à l'industrie du tourisme, frappée de plein fouet par la pandémie de covid-19. ©EPA

L'UE planche sur des mesures pour soutenir les secteurs du tourisme et des transports, dévastées par les mesures prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Une des mesures, l'émission de "bons à valoir" par les compagnies aériennes pour remplacer le remboursement des billets d'avions, a la faveur d'une majorité des Etats membres.

Les secteurs européens du tourisme et des transports sont parmi les plus touchés par les restrictions prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Une situation catastrophique, face à laquelle l'Europe a du mal à réagir. Pour les Européens, planifier les vacances d'été est devenu une inconnue. Plusieurs sites touristiques se sont révélés en février dernier un puissant vecteur de propagation du coronavirus.

L'Union européenne s'est penchée ce mercredi sur des mesures pour atténuer l'impact de la crise, lors du collège hebdomadaire de la Commission et d'un Conseil informel des ministres européens des Transports.

Lors du Conseil Transports, une grande majorité des États européens, dont la Belgique, se sont prononcés en faveur de l'émission de "bon à valoir" par les compagnies aériennes qui remplaceraient le remboursement des billets annulés en raison de la pandémie. Ce sera à la Commission de prendre la décision.

La relance de ces secteurs dépend de la levée des restrictions frontalières, une donnée incertaine en raison de la poursuite de la pandémie, alors que les pays européens ont commencé leur déconfinement de manière dispersée.

Face à ces incertitudes, la reprise pourrait s'appuyer sur le tourisme national. Les Allemands vont-ils bouder la Costa del Sol pour le tourisme à la ferme ou les Alpes bavaroises? Quant au gouvernement français, il conseille à ses citoyens des vacances "d'ultra-proximité". L'Europe pourrait se diriger vers une guerre des destinations

Le transport et le tourisme dévastés 

Le trafic aérien mondial a enregistré en mars la plus importante chute de son histoire, de 52,3% en un an, a révélé mercredi l'association internationale du transport aérien (Iata). Les chiffres d'avril seraient encore plus catastrophiques, tandis que la reprise serait lente. La moitié des avions dans le monde sont cloués au sol. Des dizaines de milliers d'emplois sont en jeu.

Les compagnies aériennes européennes réclament des aides d'État. La France a libéré un soutien massif de 7 milliards d'euros pour Air France. Lufthansa, la maison mère de Brussels Airlines, négocie avec Berlin une aide de plusieurs milliards d'euros qui pourrait voir le gouvernement allemand monter dans son capital. Le groupe allemand réclame aussi 290 millions d'euros à la Belgique pour sa filiale.

27
millions d'emplois
"Le tourisme européen représente 10% du PIB de l'UE et 27 millions d'emplois."

Le secteur européen du tourisme devrait voir ses revenus chuter de 50% en 2020, selon la Commission européenne. "Le tourisme européen représente 10% du PIB de l'UE et 27 millions d'emplois", a rappelé mercredi la vice-présidente de la Commission, Vera Jourova. L'industrie du tourisme réclame des aides massives. 

Pour les pays du sud, comme l'Espagne, l'Italie, la Grèce et le Portugal, accueillant des millions de touristes sur leurs côtes en été, les restrictions de voyages risquent de doucher leur économie déjà affaiblie par la pandémie.

Lundi, lors d'un Conseil des ministres européens du Tourisme, ce pays, rejoints par cinq autres, dont la France, ont réclamé "un fort soutien" du plan de relance européen. Ce plan, élaboré par la Commission européenne, de plus d'un milliard d'euros, n'a toujours pas été adopté en raison des divisions entre les Vingt-Sept.

Bons à valoir

L'exécutif européen planche sur des mesures pour soutenir le secteur touristique qui seront adoptées à la mi-mai confirme Vera Jourova. L'UE est tiraillée entre les impératifs de santé des Européens, la demande de vacances et la survie des secteurs concernés. L'équation est complexe.

"Il faut un juste équilibre entre les droits des consommateurs et ceux des compagnies aériennes."
Eric Mamer
Porte-parole de la Commission européenne

Le remboursement des billets d'avion est sur la table. Selon une source, dix-sept États européens, y compris la France et l'Allemagne, sont en faveur de la suspension de la règle de remboursement par les compagnies aériennes des billets annulés pour cause de pandémie pour la remplacer par un "bon à valoir". Cette solution permettrait aux entreprises de conserver du cash et respecterait, selon ces pays, les droits des consommateurs. Selon l'Iata, ce remboursement avoisinerait 10 milliards de dollars en Europe.

La Commission n'a pas encore tranché. "Il faut un juste équilibre entre les droits des consommateurs et ceux des compagnies aériennes", affirme Eric Mamer, le porte-parole de l'exécutif européen.

La question de la discrimination des touristes par nationalité est aussi posée. La Commission a rappelé mercredi le principe de base de non-discrimination. Mais elle ne semble pas fermer la porte à d'éventuelles restrictions.

Certaines sources font aussi état de la création de "corridors de voyageurs" en Europe vers les destinations touristiques.

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