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L'Europe balise la voie du déconfinement pour ses États

Charles Michel et Ursula von der Leyen présentaient mercredi la "feuille de route" que les États devront suivre pour le déconfinement. ©REUTERS

Après la mise en place désordonnée de mesures de confinement par les États, l'Union européenne a présenté mercredi la feuille de route que les gouvernements sont appelés à suivre quand ils se lanceront sur la voie d'un retour progressif à la normale.

Ceci n’est pas un appel au déconfinement. Dans un document qu’ils publiaient conjointement mercredi, les dirigeants de la Commission et du Conseil européen ont aligné leurs recommandations sur la manière dont les États devraient, en temps utile, lever les restrictions imposées pour lutter contre la propagation du Covid-19. Elles ont été mises en place dans l’urgence de façon désordonnée, il s’agira de les lever de manière coordonnée. C'est du moins l'idée.

"On n’envisagera pas de mesure de déconfinement supplémentaire avant d’avoir pu mesurer l’efficacité des précédentes."

Le maître mot de l’approche de déconfinement est son caractère "graduel". Chaque pas devra se justifier par des données objectives, et l'on n’envisagera pas de mesure de déconfinement supplémentaire avant d’avoir pu mesurer l’efficacité des précédentes.

Trois types de facteurs devront être pris en considération avant d'envisager un relâchement des mesures: une baisse soutenue de l’intensité de l’épidémie; une réserve de capacité de prise en charge médicale; et des capacités de surveillance de la maladie comme les tests à grande échelle et le traçage des contacts. À cet égard, l'utilisation d'applications pour mobile permettant le traçage et les alertes personnalisées sur le virus est encouragée - la Commission souligne qu’elles devront être utilisées uniquement sur base volontaire et dans le respect de la protection des données.

Vers des mesures ciblées

Les mesures de confinement générales devront progressivement être remplacées par des mesures ciblées. Les groupes vulnérables comme les personnes âgées devraient être protégés plus longtemps (mais le document ne fait pas de lien entre la durée de cette protection et la disponibilité d'un vaccin).

Par ailleurs, "toute la population ne devrait pas retourner sur le lieu de travail en même temps", souligne la feuille de route. Elle se fera en fonction d'un éventail de facteurs qui vont de l’intensité des contacts du métier à la mise en place de shifts de travail ou l’importance économique du secteur.

"Après avoir chaussé des oeillères pour mettre en place les mesures d'urgence, les États membres vont-ils respecter ces principes?"
Les levées des interdictions devront s’accompagner de mesures alternatives, comme la désinfection régulière des lieux en question, ou le respect de distances sociales, par exemple pour la réouverture des petits commerces. Quand viendra l’heure de rouvrir les cafés et restaurants, il s’agira par exemple de le faire en limitant les heures d’ouverture et le nombre de personnes admises. Et pour les écoles et université, il faudra envisager d’organiser différentes heures de table, voire des classes plus petites.
L'Europe appelle aussi à tenir compte, au sein des pays, des différences de situation entre les régions - ainsi devrait-on pouvoir instaurer des cordons sanitaires locaux. Quant à la réouverture des frontières fermées par certains États membres, elle devra se faire de manière coordonnée (les frontières extérieures ne pourront être rouvertes que dans une phase ultérieure).

Les bons voisins se parlent

La Commission demande aux États membres de communiquer officiellement à l’avance les mesures qu’ils envisagent d'adopter, et de les prendre en bonne intelligence avec les autres gouvernements – en particulier ceux des pays voisins. Il s’agit d’éviter par exemple que la réouverture des commerces dans un État n’entraîne l’afflux de citoyens de pays voisins dans lesquels les commerces restent fermés.
Après avoir chaussé des oeillères pour mettre en place les mesures d'urgence, les États membres vont-ils respecter ces principes? "Nous allons déployer tous les moyens que nous avons" pour que ce soit le cas, indique une source européenne, citant en premier lieu: la pression politique.

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