L'Europe débloque 25 milliards d'euros pour combattre le coronavirus

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à gauche) et le président du Conseil, Charles Michel (à droite), tentent de coordonner une réponse européenne à l'épidémie de coronavirus. ©REUTERS

Les dirigeants de l'Union européenne ont convenu ce mardi de mieux se coordonner contre le coronavirus et de faire "tout le nécessaire" pour contrer l'impact de l'épidémie sur l'économie. Un fonds de recherche de 25 milliards d'euros sera débloqué.

Les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne (UE) se sont réunis ce mardi en urgence par vidéoconférence afin de trouver une réponse commune face à l'épidémie de coronavirus

La rencontre visait à coordonner leurs efforts pour contrer la maladie, mieux gérer les stocks de médicaments, accélérer la recherche sur les vaccins et traiter du volet économique.

Les dirigeants européens ont convenu de faire "tout le nécessaire" pour limiter l'impact du coronavirus sur l'économie.

25
milliards d'euros
Un fonds de recherche de 25 milliards d'euros sera débloqué pour combattre l'épidémie.

Un fonds de recherche de 25 milliards d'euros sera débloqué pour combattre l'épidémie, a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Nous allons utiliser tous les moyens à notre disposition pour que l'UE puisse résister à cette tempête", a-t-elle dit. Ce fonds ira au soutien des PME, du marché de l'emploi et des "parties les plus vulnérables".

Le président du Conseil européen Charles Michel a annoncé que l'UE ferait preuve de flexibilité dans l'application de ses règles économiques et financières.

"Tous les États membres sont autorisés à avoir recours aux instruments nécessaires pour aider les entreprises", a-t-il dit, promettant "plus de flexibilité" dans l'application des règles sur les aides d'État et les finances publiques.

"Tous les États membres sont autorisés à avoir recours aux instruments nécessaires pour aider les entreprises."
Charles Michel
Président du Conseil européen

L'incidence de l'épidémie sur l'économie européenne est particulièrement préoccupante. L'institut allemand de recherche économique Ifo a annoncé ce mardi que l'épidémie devrait entraîner la première économie européenne dans la récession. Quant à l'économie globale, elle est "au bord de la crise", affirme Ifo.

"Agir fort et frapper ensemble"

Charles Michel préside la réunion d'urgence par vidéoconférence entre les dirigeants de l'UE. ©EPA

Les dirigeants européens ont convenu de faire le point quotidiennement sur les mesures prises pour enrayer l'épidémie. "Nous voulons une approche commune, européenne, dans la lutte contre le coronavirus", a résumé Charles Michel. "Nous avons décidé d'agir, de frapper fort et de frapper ensemble." 

La priorité sera de prendre "des mesures proportionnelles afin de ne pas avoir de conséquences excessives sur nos sociétés", a-t-il ajouté.

C'est la première fois que les dirigeants européens évoquaient ensemble la gestion de cette crise. Un sommet européen y sera à nouveau consacré, les 26 et 27 mars prochains.

La solidarité européenne à l'épreuve

Après la crise de la dette, le Brexit et la crise migratoire, l'épidémie de coronavirus met à nouveau la solidarité européenne à l'épreuve.

Des tensions sont apparues entre plusieurs États. La France, l'Allemagne et la République tchèque refusaient, ces derniers jours, de lever les contrôles sur les exportations d'équipement médical afin d'éviter des ruptures des stocks. Une décision mal prise par l'Italie. La Première ministre belge Sophie Wilmès a protesté auprès de l'Allemagne contre cette décision. 

Les Vingt-Sept ont convenu ce mardi de tout faire pour lever les entraves à l'exportation. "L'effort se concentrera sur les masques et les respirateurs", a précisé Charles Michel. Reste à voir si les États concernés appliqueront cette résolution.

Par ailleurs, l'Autriche a décidé de restreindre l'entrée sur son territoire des voyageurs venant d'Italie et exige la présentation d'un certificat médical attestant qu'ils ne sont pas infectés par le coronavirus.

À bien des égards, l'isolement de l'Italie fait écho à celui de la Grèce lors de la crise économique et financière de 2008.

Environ 14.900 personnes étaient atteintes par le coronavirus ce mardi en Europe, dont 9.172 en Italie, 1.412 en France et 239 en Belgique. Plus de 530 sont décédées de la maladie.

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