L'Europe ferme ses frontières pour une durée de 30 jours

Les présidents du Conseil européen Charles Michel et de la Commission européenne Ursula von der Leyen annoncent une fermeture temporaire de frontières européennes. ©EPA

Les Vingt-Sept ont approuvé à l'unanimité la fermeture des frontières de l'Union européenne pour une durée de 30 jours afin de lutter contre la pandémie de coronavirus.

Les dirigeants de l'Union européenne ont décidé mardi de fermer les frontières extérieures de l'Europe aux voyageurs étrangers pour 30 jours, afin de lutter contre la pandémie de coronavirus.

"Pour limiter la dispersion de la maladie, nous avons décidé de renforcer nos frontières extérieures en appliquant une restriction coordonnée temporaire pour les voyages non essentiels, d'une durée de 30 jours", a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel après une vidéoconférence des dirigeants européens, la deuxième depuis le début de la crise sanitaire.

"Pour limiter la dispersion de la maladie, nous avons décidé de renforcer nos frontières extérieures en appliquant une restriction coordonnée temporaire pour les voyages non essentiels, d'une durée de 30 jours."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Cette restriction, une première dans l'histoire de l'Europe, a été prise de manière unanime sur proposition de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. "Les États membres ont adhéré en masse à cette initiative", a précisé Ursula von der Leyen. "Ils ont dit qu'ils allaient l'appliquer tout de suite." 

La mesure sera appliquée individuellement par chaque État. Les quatre pays associés à l'espace Schengen sont invités à suivre le mouvement (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse). Le Royaume-Uni n'appliquera pas cette restriction.

Plusieurs catégories de voyageurs seront exemptées, les résidents de longue date de l'UE, les membres de la famille de ressortissants européens, les diplomates, les médecins, infirmières et soignants, les chercheurs et experts ainsi que les transfrontaliers. Les transports de matériel médical et de biens de première nécessité échappent aussi à la mesure. Le droit d'asile devra continuer à s'appliquer.

Une mesure "radicale"

"C'est une mesure impressionnante et radicale", explique Benjamin Bodson, spécialiste en affaires européennes à l'Institut Egmont, "mais quand ont regarde de près les exceptions, ont se rend compte qu'on ne ferme pas réellement les frontières, cela semble avant tout concerner les touristes."

Les Vingt-Sept ont également approuvé plusieurs propositions de la Commission pour contrer la propagation du coronavirus. En particulier, la création de voies rapides aux frontières pour faciliter le transport de matériel médical et de denrées, le lancement d'appels d'offres pour des achats groupés d'appareils respiratoires et de masques.

Les dirigeants ont aussi approuvé le financement de recherches pour un vaccin, dont celles de la biotech CureVac qui espère trouver un vaccin "avant l'automne".

La prochaine vidéoconférence entre les chefs d'État ou de gouvernement européens aura lieu la semaine prochaine, elle remplacera le sommet européen prévu les 26 et 27 mars.

L'Europe divisée

L'UE est dépassée depuis plusieurs jours par les décisions diverses prises par les gouvernements européens pour lutter contre la pandémie. Dix pays ont fermé leurs frontières, totalement ou partiellement, provoquant des embouteillages et bloquant des voyageurs. D'autres, comme la Pologne, ont mis en place des mesures de quarantaine pour les étrangers et les nationaux.

Les divisions classiques entre Européens ont la peau dure. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas n'ont pas opté pour le confinement, préférant des mesures light. D'autres, comme la France, appliquent un confinement strict.

61.000
malades du coronavirus en Europe
L'Europe est devenue l'épicentre de la pandémie de Covid-19, avec plus de 61.000 personnes malades et plus de 2.700 morts.

Face à cette cacophonie, l'Union européenne tente de reprendre le dessus. "La situation a échappé totalement aux institutions européennes", poursuit Benjamin Bodson, "il faudra tirer de cette crise des leçons claires".

L'Europe est devenue l'épicentre de la pandémie de Covid-19, avec plus de 61.000 personnes malades et plus de 2.700 morts. Cette crise sanitaire majeure se double d'une crise économique comparable à celle de 2008.

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