Publicité

L'Europe lance une riposte mondiale contre la pandémie de Covid-19

La présidente de la Commission européenne a orchestré une levée de fond de plusieurs milliards d'euros pour la recherche et la distribution d'un vaccin, d'un traitement et de tests contre le Covid-19. ©REUTERS

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a piloté lundi une riposte internationale à la pandémie de Covid-19 en levant 7,4 milliards d'euros pour développer un vaccin, un traitement et des tests contre le virus. Des dizaines de dirigeants du monde entier ont répondu présents.

Des dirigeants du monde entier, à l'exclusion des États-Unis, ont participé lundi à une grande conférence des donateurs initiée par l'Union européenne pour réunir l'argent nécessaire au développement d'un traitement, d'un vaccin et de tests pour soigner le Covid-19. 

"Le 4 mai marquera un tournant dans notre lutte contre les coronavirus parce qu'aujourd'hui le monde agit ensemble."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

Cette conférence, "Coronavirus Global Response", était orchestrée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. L'ambition de départ était de réunir 7,5 milliards d'euros. Tour à tour, l'Allemande a donné la parole aux donateurs. Trois heures plus tard, l'objectif de 7,4 milliards était atteint. La récolte de dons se poursuivra dans les jours à venir.

"Le 4 mai marquera un tournant dans notre lutte contre les coronavirus parce qu'aujourd'hui le monde agit ensemble", a résumé Ursula von der Leyen, ajoutant que l'Union européenne apporterait 1 milliard d'euros.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a ouvert les interventions en appelant au don. "Nous avons une vision commune, mettre l'homme avant toute chose", a-t-il lancé.

"Ce sera l'effort de l'humanité contre le virus"

La France a mis 500 millions d'euros sur la table. "Face au Covid-19, le chacun pour soi serait une erreur majeure", a martelé le président français Emmanuel Macron, "une fois le vaccin découvert, il faudra les produire en masse pour que chacun y ait accès".

L'Allemagne a apporté 525 millions d'euros. "C'est un signe d'espoir, cette coopération internationale", a dit la chancelière allemande Angela Merkel.

La Belgique apportera 27 millions d'euros au "Coronavirus Global Response".
27
millions d'euros

"La Belgique apportera 27 millions d'euros", a annoncé la Première ministre Sophie Wilmès, "l'objectif ultime est d'avoir un vaccin abordable, pour toutes les bourses, selon un principe: un pour tous, tous pour un."

L'Italie et l'Espagne, parmi les pays les plus touchés par la pandémie, ont participé à l'effort collectif. Rome a versé 72 millions d'euros et Madrid 125 millions.

Londres a suivi l'initiative de l'UE, malgré le Brexit. "L'être humain n'est pas invincible, il est vulnérable", a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson, annonçant une contribution de 440 millions d'euros. "Aucune entreprise pharmaceutique ne pourra relever seule le défi, ce sera l'effort de l'humanité contre le virus".

La Norvège (188 millions), non membre de l'UE, a donné 220 millions de dollars. Les pays de Visegrad (Tchéquie, Hongrie, Pologne et Slovaquie), 3 millions.

Des dons affluent du monde entier

Les dons ont afflué d'une quarantaine de pays sur les cinq continents. "Le Japon appuie sans réserve l'initiative", a dit le Premier ministre japonais Shinzo Abe, promettant 760 millions d'euros. La Corée du Sud a promis 45 millions. L'Australie s'est engagée à verser 205 millions de dollars.

Le Canada a apporté 551 millions d'euros. "Nous ne reviendrons pas à la normalité avant d'avoir développé un vaccin, il faudra permettre la production d'un vaccin et sa distribution au monde entier", a dit le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Le Mexique a promis 274 millions.

La Chine a également répondu présente, apportant 45 millions d'euros. "La panique, les accusations, ce n'est pas ce qu'il nous faut", a lâché le représentant chinois, faisant allusion aux accusations de Washington à son encontre.

L'Arabie saoudite (450 millions d'euros), le Koweït (36 millions), la Jordanie et Israël (55 millions) ont aussi participé. "Nous devons faire en sorte que chaque individu dans chaque pays sur chaque continent ait un accès égal au vaccin", a indiqué le roi Abdallah II de Jordanie.

L'Afrique, malgré ses maigres ressources, s'est jointe à l'effort. "Le monde a besoin de solidarité, de coopération", a dit le président d'Afrique du Sud et de l'Union africaine, Cyril Ramaphosa, apportant 1,2 million de dollars.

La Fondation Bill et Melinda Gates a versé 100 millions de dollars, préférant collaborer avec l'Europe qu'avec les États-Unis, absents de l'effort collectif.

La star Madonna a apporté 1 million de dollars.

Éviter la "guerre des vaccins"

Les dons serviront à financer le développement et la distribution universelle d'un vaccin, d'un traitement et de tests, au sein d'une plateforme disposant d'un agenda commun.

Les participants ont jusqu'au 30 janvier 2021 pour concrétiser leur promesse, en versant l'argent directement à la plateforme, ou indirectement en soutenant des programmes suivant le même agenda.

L'idée de l'UE et de l'OMS est d'éviter, avec cette "réponse mondiale", une compétition entre les États et leur industrie pharmaceutique pour la production d'un vaccin qui serait réservé à une partie seulement de la planète.

Les États-Unis font cavalier seul

Le gouvernement américain n’a pas souhaité participer à l’appel aux dons lancé par l’Union européenne et l’OMS. Le président des États-Unis Donald Trump, en tournant le dos à la coopération, risque d'alimenter une bataille mondiale pour le vaccin.

Washington a minimisé l'événement, le considérant comme conférence "parmi tant d'autres". "En tant que leader mondial dans l'aide étrangère contre le Covid-19, nous saluons les efforts de l'UE pour engranger des promesses de contributions supplémentaires pour combattre cette pandémie", a déclaré à la presse un haut responsable de l'administration de Donald Trump. "Les États-Unis sont vraiment à la tête de tous ces efforts internationaux", en tant que "premier bailleur unique au monde dans les domaines de la santé et de l'humanitaire"

Cette attitude pourrait ralentir les efforts pour trouver un traitement et un vaccin et aggraver la pandémie.

La Fondation Bill et Melinda Gates a préféré diriger son aide vers l’Europe, plutôt que vers le gouvernement américain.

Donald Trump semble plutôt préoccupé par sa guerre diplomatique avec la Chine. Il annoncé la publication prochaine d’un rapport sur l’origine chinoise du virus. Le secrétaire d’État Mike Pompeo a affirmé dimanche, sans fournir de preuve que le virus venait d’un laboratoire chinois.

Depuis le début de la crise, le président des États-Unis est fortement critiqué. Pour son déni initial de l’épidémie, qui a ralenti la prise de mesures nationales, et pour ses déclarations parfois incohérents. Lors d’une conférence de presse, Donald Trump avait proposé d’injecter "du désinfectant par intraveineuse" ou d’utiliser "des rayons UV" pour traiter le coronavirus.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité