L'Europe n'a pas encore renouvelé son contrat avec AstraZeneca

Thierry Bresson, le commissaire européen au Commerce intérieur, a déclaré qu'il y aurait peut-être un petit surcoût avec les vaccins anti-Covid de Pfizer et BioNTech. ©REUTERS

La Commission européenne n'a pas encore renouvelé sa commande de vaccins auprès d'AstraZeneca. Cela n'aura aucun impact sur la vaccination en Belgique, assure Frank Vandenbroucke.

"Nous n'avons pas renouvelé la commande après juin. On verra ce qui se passera", a déclaré Thierry Breton, le commissaire européen au Commerce intérieur, sur France Inter.

"Nous avons eu un vrai problème avec AstraZeneca. Il y a une rupture de confiance."
Didier Reynders
Commissaire européen à la Justice

La Commission a lancé des poursuites contre AstraZeneca en raison d'importants retards de livraison de doses de son vaccin et plusieurs responsables européens ont prévenu que le contrat avec le groupe anglo-suédois pourrait ne pas être renouvelé. Thierry Breton a néanmoins estimé dimanche qu'il s'agissait d'un "très bon vaccin".

Le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, s'est exprimé dans le même sens sur le plateau de la VRT. "Nous avons eu un vrai problème avec AstraZeneca. Il y a une rupture de confiance. Il est impossible d'encore acheter ce vaccin", a-t-il expliqué.

La Commission tempère

Pour autant, l'AstraZeneca "reste très important pour notre portefeuille de vaccins", a nuancé la Commission européenne ce lundi. "Il faut que nous recevions toutes les doses prévues dans les contrats", a insisté un porte-parole.

Interrogé sur les propos des deux commissaires, il a refusé de se prononcer sur les étapes contractuelles futures, tout en rappelant que la Commission n'avait pas activé l'option d'achat de 100 millions de doses supplémentaires prévue dans le contrat.

La Commission a aussi précisé qu'il n'était nulle part question, dans le contrat actuel, d'une perspective de renouvellement, et que le terme de "non-renouvellement" était donc inadéquat.

Surcoût avec Pfizer et BioNTech

Tout n'est pas forcément rose avec les autres vaccins. Thierry Breton a ainsi déclaré que l'accord conclu avec Pfizer et BioNTech portant sur la fourniture de 1,8 milliard de doses de leur vaccin, dont la moitié en option, sur la période 2021-2023, pourrait coûter davantage que prévu à l'Union européenne.

"Il y aura peut-être un petit surcoût mais je laisserai les autorités compétentes le dévoiler en temps et heure", a-t-il dit.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke se veut rassurant

Au lendemain des propos tenus par les deux commissaires européens, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke a insisté, ce lundi, pour rappeler que cette attitude n'était nullement liée à la fiabilité du vaccin, mais bien au manque de fiabilité de la société pharmaceutique dans ses livraisons.

"Ce non-renouvellement des contrats n'a aucun impact sur notre campagne de vaccination. Nous insistons sur le fait que nous avons acheté 7,5 millions de doses d'AstraZeneca et que les doses ne sont planifiées que lorsque nous les recevons. Toute personne ayant reçu une première dose recevra donc bien sa deuxième dose", a notamment précisé le ministre dans un communiqué.

"Le vaccin AstraZeneca est un vaccin sûr et efficace qui réduit les hospitalisations de 94% et qui joue un rôle essentiel dans notre campagne et la lutte contre le virus", insiste-t-il.

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