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L'Europe s'inquiète de la prolongation belge de l'interdiction des voyages non-essentiels

La prolongation de l'interdiction des voyages non-essentiels jusqu'au 1er avril était passée quasi inaperçue après le dernier Comité de concertation. ©Photo News

Le maintien ou non des différentes règles prolongées vendredi dernier jusqu'au 1er avril sera décidé à l'issue d'une nouvelle évaluation au Comité de concertation du 26 février prochain.

Le prochain Comité de concertation décidera s'il maintient ou non la prolongation de l'interdiction des voyages non-essentiels jusqu'au 1er avril, a tenu à rappeler vendredi le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo, peu après l'inquiétude exprimée par la Commission européenne sur cette annonce.

"La semaine dernière, lorsqu'il a été communiqué que l'arrêté ministériel serait prolongé, il a aussi été clairement indiqué qu'une nouvelle évaluation aurait lieu lors d'un prochain Comité de concertation le 26 février. Au cours de ce moment d'évaluation, les différentes règles seront examinées et une décision sera prise quant à leur maintien ou non", a confirmé le porte-parole du Premier ministre.

Fin janvier, le commissaire européen à la Justice Didier Reynders avait déjà fait part de ses inquiétudes.

La Commission européenne n'a été informée que jeudi soir de l'intention du gouvernement belge de prolonger jusqu'au 1er avril l'interdiction de voyages non-essentiels, une mesure qui suscite chez elle "une certaine inquiétude", avait indiqué ce vendredi un porte-parole de l'exécutif européen.

Une interdiction non-conforme, mais pas illégale

Entrée en vigueur le 27 janvier dernier et annoncée initialement jusqu'au 1er mars, l'interdiction de voyages non-essentiels pour lutter contre la pandémie de coronavirus n'est pas conforme aux recommandations en la matière adoptée par les États membres eux-mêmes. Ces recommandations ne préconisent que de décourager fortement les déplacements de et vers les zones les plus à risque.

Fin janvier, le commissaire européen à la Justice Didier Reynders avait déjà fait part de ses inquiétudes. Après avoir contacté le Premier ministre belge Alexander De Croo, il avait qualifié l'interdiction de non-conforme à la recommandation européenne, mais pas illégale, tout en insistant sur la nécessité de maintenir un caractère proportionné et non-discriminatoire.

Il s'était dit quelque peu rassuré par la limitation dans le temps de l'interdiction, ainsi que par les exceptions prévues, qui permettent de limiter l'interdiction aux déplacements exclusivement liés au tourisme et aux loisirs.

La Commission européenne presse les capitales d'éviter les fermetures de frontières ou les interdictions générales de voyager.

Mais la prolongation au 1er avril nécessitera une nouvelle intervention du commissaire Reynders, qui demandera à la Belgique "des éclaircissements supplémentaires sur la portée et la limitation" de la mesure, a déclaré son porte-parole.

La Belgique n'est pas seule

D'autres États membres ayant limité la liberté de circulation dans l'Union au-delà des recommandations européennes font aussi l'objet d'une vérification. La Commission a lancé, ce vendredi, un nouvel appel à la coordination entre États membres dans la gestion de la pandémie. Elle presse les capitales d'éviter les fermetures de frontières ou les interdictions générales de voyager. Elle mettra le sujet à l'ordre du jour du prochain Conseil Affaires générales.

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