L'impression 3D au chevet des hôpitaux

Parmi les besoins essentiels du personnel soignant, les masques écran. Que nombre d'acteurs se proposent d'imprimer en 3D pour aider. ©AFP

Le secteur se mobilise pour fabriquer des pièces cruciales dans le travail du personnel soignant.

Au vu de la gravité de la situation et de l'intensité de la mobilisation du matériel employé, de nombreux hôpitaux ont lancé un vaste inventaire de leurs consommables, entendait-on ces derniers jours. Objectif? Éviter le pire: une pénurie. L'adage est connu: "il vaut mieux prévenir que guérir".

Grâce à ses 25 imprimantes filaires mobilisées, la start-up bruxelloise Spentys peut produire jusqu'à 100 masques écran de protection par jour.

Ce message, le monde de l'impression 3D l'a entendu. Avec une large mobilisation à la clé, allant d'acteurs opérant dans des secteurs tiers comme l'aéronautique il y a peu, qui ont rapidement fait savoir leur intérêt à porter main-forte aux hôpitaux, aux "Fablabs" aujourd'hui. En effet, mardi, ces laboratoires de fabrication destinés aux bidouilleurs en tout genre, nichés à l’ULB, Charleroi et Andenne, ont annoncé s'être associés dans l'effort. Ensemble, les trois structures sont désormais en mesure de produire de l'ordre de 600 masques de protection par jour – et parce que le temps est compté, 140 pièces avaient déjà été livrées lundi au CHU Saint-Pierre, à Uccle.

700
masques écran/jour
Entre les Fablabs wallons et les efforts de la start-up bruxelloise Spentys, ce sont près de 700 masques de protection qui peuvent être produits par jour.

Ils sont rejoints, apprenait-on le même jour, par la start-up bruxelloise Spentys, qui travaille à révolutionner le plâtre médical traditionnel. Qui, de par la forte demande des établissements hospitaliers avec lesquels elle travaille en temps normal et un ralentissement de son activité traditionnelle, a décidé de se retrousser les manches dans la lutte contre le coronavirus. Réorientant les tâches de ses quelque 25 imprimantes filaires pour se concentrer uniquement à la tâche. Résultat, la jeune pousse est désormais capable de produire une centaine de masques écran quotidiennement. Elle en a déjà d'ailleurs livré une première fournée de 200 unités mardi. Et, après test grandeur nature, ce masques seront encore améliorés.

Le premier objectif de 1.500 masques demandés par le CHU Saint-Pierre devrait donc aisément être atteint ce jeudi. Permettant aux acteurs de se tourner vers d'autres hôpitaux. Mais aussi vers d'autres types de production. En ce sens, Spentys a été mandatée dans une mission de "reverse engineering" par des hôpitaux qui aimeraient ne pas être à court de pièces pour leurs précieux appareils respiratoires. La start-up est donc occupée à développer de zéro toute une série de plans qui doivent permettre de lancer l'impression en direct de tout élément qui deviendrait nécessaire, mais qu'un fournisseur classique ne serait pas en mesure d'apporter. Le projet suit son cours à ce stade.

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