L'ombre du coronavirus incite Ageas à la prudence

Bart De Smet reste prudent: les effets de la crise provoquée par le coronavirus sont encore impossibles à évaluer.

La compagnie d'assurances a réussi une bonne performance au premier trimestre, surpassant même les prévisions des analystes. Le brouillard dans lequel la pandémie pousse l'économie et les marchés incite son CEO Bart De Smet à redoubler de prudence.

Le vent peut vite tourner. Alors qu'Ageas se félicitait d'avoir généré quasiment un milliard d'euros de bénéfices en 2019 et misait sur une performance plus ou moins comparable pour cet exercice, le groupe d'assurances doit maintenant essuyer la tempête économique et financière générée par la pandémie de maladie à coronavirus. 

"En conséquence de ces incertitudes externes, Ageas est dans l’impossibilité de confirmer ses prévisions de bénéfices pour 2020."
Bart De Smet
CEO d'Ageas

L'entreprise misait sur un résultat net sous-jacent de 850 à 950 millions d'euros pour l'année 2020, mais toutes les cartes sont rebattues par la crise actuelle. "Étant donné qu’un retour à la normale est peu probable à court terme, l’impact de la pandémie sur l’économie et les marchés financiers aura probablement encore un effet sur la performance et les résultats d’Ageas tout au long de l’année", estime Bart De Smet, CEO d'Ageas. "En conséquence de ces incertitudes externes, Ageas est dans l’impossibilité de confirmer ses prévisions de bénéfices pour 2020."

Pourtant, l'année avait bien démarré. Ageas a enregistré un résultat net de 452 millions d’euros au premier trimestre. L’entreprise fait ainsi même mieux que le consensus des analystes. Le résultat s'explique cependant en grande partie par la plus-value de 310 millions d’euros réalisée avec l’offre sur les titres Fresh, des obligations convertibles émises à l'époque de Fortis que la compagnie a rachetées pour 818 millions d’euros en début d’année.

Dépréciations de valeurs

Les activités d'assurances du groupe ont, quant à elles, généré un bénéfice net de 113 millions d'euros au cours de ces trois premiers mois, soit un résultat divisé par deux en comparaison avec 2019.

"Cette différence s'explique en grande partie par l'évolution des marchés financiers. Si on neutralise ces éléments et que l'on prend en compte le niveau sous-jacent, nous avons réalisé une performance plus ou moins semblable à celle de l'année dernière", fait valoir Bart De Smet, qui souligne également le bon ratio de solvabilité II de la compagnie (196%).

90.000
agents supplémentaires en Chine
En Chine, principal moteur de la croissance d'Ageas, la compagnie a engagé 90.000 agents supplémentaires récemment pour vendre ses produits.

Le portefeuille d'actions de l'assureur a ainsi souffert de dépréciations en Europe et en Asie. En Belgique, où le groupe est présent via la première compagnie du pays AG Insurance, l'impact de ces dévaluations s'élève à 60 millions d'euros pour le résultat net en "vie".

Prévoir les conséquences de cette crise reste un exercice difficile, même au niveau commercial. "Pendant un lockdown, vous avez beaucoup moins de flexibilité pour le processus de vente. Nous constatons encore que la vente en ligne de polices reste à un niveau très bas", indique Bart De Smet.

Effets à long terme

La Chine, le pays d'où a surgi le virus, est un des moteurs de la croissance d'Ageas. "L'encaissement des primes y a baissé de 5,9% au premier trimestre, ce qui est relativement limité. Nous remarquons également que les ventes ont recommencé à augmenter à partir d'avril. Nous avons également embauché 90.000 agents supplémentaires pour être à nouveau pleinement actifs sur ce marché", explique Bart De Smet.

Les résultats du premier trimestre ne donnent pas un bon aperçu de la situation en Belgique, étant donné que le confinement n'y a commencé qu'au milieu du mois de mars. "Il est évident que cette période se répercutera plus tard dans nos chiffres. Pensez à la couverture supplémentaire pour les frais médicaux et les hospitalisations, au fait que des patients ont reporté des interventions médicales vu la situation", pointe le CEO. 

"À plus long terme, les gens risquent de moins prendre les transports en commun et de se rendre au travail en voiture ou à vélo. Nous devons vérifier si cela peut entraîner davantage de sinistres."

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