L'OMS s'inquiète des raccourcissements de quarantaine

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus. ©REUTERS

Le niveau de transmission du Covid-19 est "alarmant" en Europe, estime l'OMS, qui s'inquiète également des raccourcissements de quarantaine dans plusieurs pays.

Le directeur de la branche Europe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Hans Kluge, ne cache pas son inquiétude. "Les chiffres de septembre devraient servir d'alarme pour nous tous" à travers l'Europe, où le nombre de nouveaux cas est désormais supérieur à ceux enregistrés en mars et avril, a-t-il déclaré depuis Copenhague.

C'est dans ce contexte que l'organisation onusienne a exclu de raccourcir sa recommandation d'une quarantaine de 14 jours pour tout ceux qui ont été en contact avec le virus.

"Immense impact sociétal"

"Notre recommandation de quarantaine de 14 jours a été basée sur notre compréhension de la période d'incubation et de la transmission de la maladie, nous ne la réviserions que sur la base d'un changement de notre compréhension de la science, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent", a expliqué Catherine Smallwood, en charge des situations d'urgence à l'OMS Europe.

54.000
cas
Le nouveau record absolu de cas détectés en une seule journée en Europe date désormais du 11 septembre, avec quelque 54.000 cas.

"Quand on connaît l'immense impact individuel et sociétal que peut avoir une réduction, même minime, de la durée de la quarantaine (…), j'encourage les pays de la région à suivre une procédure scientifique régulière avec leurs experts et à explorer des options de réduction sûres", a ajouté Hans Kluge.

En France, la durée d'isolement a été ramenée à sept jours en cas de contact avec une personne positive au coronavirus. Elle est de dix jours au Royaume-Uni et en Irlande. Plusieurs autres pays européens, comme le Portugal et la Croatie, envisagent actuellement de la réduire.

Raccourcissement à l'étude en Belgique

Chez nous, les ministres examinent si nous devons toujours conserver cette quarantaine de deux semaines. "Lorsque la science apporte de nouvelles connaissances, nous devons être ouverts à celles-ci", expliquait le ministre Philippe De Backer (Open Vld) au début du mois.

Une des pistes serait donc d'effectuer un frottis au jour 5 afin d'éliminer la majorité des gens qui risqueraient d'être transmetteurs.

L'objectif serait de rendre cette mesure plus acceptable, de trouver le juste milieu entre rigueur scientifique et nécessité de tenir le coup pendant des mois. "Une grande rigueur, si on ne l'applique pas, ça ne sert à rien", a admis le porte-parole interfédéral Covid-19 Yves Van Laethem.

Et puis il y a aussi des raisons scientifiques. "Si l'on est en contact avec le virus, pour plus ou moins 50% des gens qui déclareront la maladie, elle se déclenche endéans les cinq à six jours", nous précisait encore le médecin spécialiste.

Une des pistes serait donc d'effectuer un frottis au jour 5 afin d'éliminer la majorité des gens qui risqueraient d'être transmetteurs. Il faudra encore patienter pour espérer une réponse lors du prochain Conseil national de sécurité (CNS), prévu au milieu de la semaine prochaine.

Nouveau record en Europe

La zone Europe de l'OMS, qui comprend 53 pays, dont la Russie, compte actuellement près de 5 millions de cas officiels et plus de 227.000 morts liées au virus, d'après le tableau de surveillance de l'organisation.

Du fait d'une reprise de l'épidémie, mais également des capacités de tests supérieures à la vague de mars-avril, le nombre de cas quotidien enregistré avoisine actuellement les 40.000 à 50.000, contre un pic quotidien de 43.000 le 1er avril dernier, selon ces données.

Le nouveau record absolu date désormais du 11 septembre, avec quelque 54.000 cas enregistrés en 24 heures. Lueur d'espoir toutefois: la plupart des contaminations touchent à présent les jeunes, qui développent généralement des symptômes plus légers.

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